Les débuts

Jean Marais naît à Cherbourg le 11 décembre 1913. Il a 4 ans lorsque sa mère quitte son père pour s’installer à Paris. Le jeune homme fait ses études au lycée Condorcet et suit en parallèle des cours de théâtre auprès du grand maître Charles Dullin. A 20 ans, il fait de la figuration au théâtre et au cinéma sans grand succès. Il rate aussi le concours d’entrée au théâtre du conservatoire. En 1988, interrogé par Henry Chapier, il évoquait avec modestie ces jeunes années, s'amusant d'avoir été remarqué pour sa beauté quand lui-même ne se trouvait pas spécialement beau.

Le divan, 1988

Sa véritable carrière débute grâce à une rencontre bouleversante...

L’amour de Jean Cocteau

cocteau

En 1937, le dramaturge Jean Cocteau monte «Œdipe roi». Il auditionne pour sa distribution et tombe fou amoureux d’un jeune homme charismatique de 24 ans son cadet : Jean Marais. Le jeune comédien ne sait pas encore poser sa voix. Qu’importe ! l’auteur lui confie un rôle muet de figurant. Les deux hommes débutent une relation orageuse et passionnelle, qui s’achèvera en 1963, à la mort du poète.

Jean Marais : sa relation avec Cocteau, 1980

Jean Marais devient la muse de Cocteau et le sauve de tous ses démons, en particulier, celui de la drogue. L’auteur lui écrit  « Je me noyais et tu t’es jeté à l’eau sans une hésitation ».

Jean Cocteau, 1960

De cet amour intense naît une collaboration féconde qui aboutit à des œuvres magistrales. En 1938, son mentor lui offre une pièce sur mesure « Les parents terribles ».

Star sans stress, à propos des parents terribles, 1985 (audio)

Il lui écrira aussi « L’aigle à deux têtes » en 1946.

Cocteau à propos de l’aigle à deux têtes, 1956

L’îcone du 7ème art

Le comédien débute au cinéma en 1941, mais c’est grâce au regard admiratif de son Pygmalion qu’il se transforme en idole. En 1943, Cocteau lui offre le rôle de Tristan, héros à la jeunesse perpétuelle dans « L’éternel retour » réalisé par Jean Delannoy.

Suivront, « La belle et la bête » et « Orphée ».

Evocation du tournage de La belle et la bête, 1968

À la fin des années 1940, l’acteur alterne rôles au cinéma et sur les planches. En 1949, le tandem Cocteau-Marais entame une grande tournée internationale qui les mènera d’Istanbul, Athènes jusqu'au Caire. Leurs pièces communes sont jouées en alternance. Jean Cocteau évoque ici son rôle sur cette aventure.

Jean Cocteau sur sa tournée théâtrale, 1949 (audio)

Jean Marais entre à la Comédie-Française où il est à la fois comédien, metteur en scène et décorateur. "L'homme à tout faire" raconte une anecdote sur la conception des costumes de "Britannicus".

Jean Marais, directeur de tournée, 1949 (audio)

Il quittera la grande institution à la suite d’une altercation avec le directeur mais conservera un amour inconditionnel pour le théâtre « Je fais du théâtre pour ressentir les sensations que la vie ne m'apporte pas... »  

Jean Marais et la Comédie-Française, 1968

De l’éphèbe au héros

Les années 50 marquent un virage dans la carrière de Jean Marais. Il s’éloigne de son amant terrible pour voler de ses propres ailes. L’acteur travaille pour les plus grands réalisateurs : Luchino Visconti, Jean Renoir ou encore, Sacha Guitry.

En 1954, un rôle le consacre, celui du comte de Monte Cristo. Après cette date, le jeune premier va endosser des tenues de héros de films de cape et d’épée qui lui apportent un nouveau public : « Le Capitan », avec Bourvil par André Hunebelle

 Extrait couleur du film "Le Capitan"

... « La princesse de Clèves »...

Tournage de la princesse de Clèves, 1960

... « Le Capitaine Fracasse » de Pierre Gaspard-Huit ou encore « Le Masque de Fer » d'Henri Decoin. En grand professionnel, il réalise toutes ses cascades.

Les exploits de Jean marais, 1965

En 1959, Jean Marais tourne une dernière fois avec Cocteau dans « Le Testament d'Orphée », il interprète Œdipe. Cette ultime collaboration marque aussi la fin de leur liaison.

Le départ du grand écran

Au milieu des années 60, la renommé de Jean Marais est à son apogée. Il la doit à son rôle de Fantômas qu’il joue aux côté de Louis De Funès.

Tournage de Fantômas, 1969

Cependant, l’acteur sent que les grands rôles s’éloignent.

Son rapport au cinéma, 1962

Il décide de revenir au théâtre et tourne un dernier film avec Jacques Demy : « Peau d’Ane »

Tournage de Peau d’âne, 1970

Fin de vie à Vallauris

A partir des années 70, Jean Marais participe à quelques projets télé dont le « Balsamo » d’André Hunebelle en 1973. Il se retire dans les Alpes-Maritimes où il pratique la poterie, la sculpture et le théâtre. Il y ouvre un magasin et même une galerie d'art grâce à un couple d'amis potiers. Il écrit aussi ses Mémoires « L'Inconcevable Jean Cocteau ».

L’inconcevable Jean Cocteau, 1993

Jean Marais s’éteint paisiblement à Cannes le 8 novembre 1998. Il repose dans le petit cimetière de Vallauris, où il a passé les dernières années de sa vie.

Pour aller plus loin : 

Entretiens audio de Jean Marais "Star sans stress", 1985

marais-tenue
Rédaction Ina le 05/11/2013 à 11:43. Dernière mise à jour le 08/11/2018 à 14:10.
Cinéma Théâtre Beaux Arts