Jean Anouilh, une vie de théâtre

Redaction Ina le 25/09/2012 à 11:35. Dernière mise à jour le 29/09/2017 à 15:02.
Littérature Arts du spectacle
Jean Anouilh

Le dramaturge Jean Anouilh nous quittait le 3 octobre 1987. Passionné de théâtre, il aimait à dire "Tout ce qui n’est pas théâtre me laisse de marbre". Ina.fr vous propose de revivre, en archives, les riches heures de la vie et de l’œuvre du dramaturge.

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Un amour précoce du théâtre

Jean Anouilh est né le 23 juin 1910 à Bordeaux. Il se passionne très jeune pour le théâtre et la littérature. Tout commence en 1923 au lycée Chaptal où il se lit d’amitié avec Jean-Louis Barrault. L’adolescent dévore les œuvres de Paul Claudel, Pirandello ou Bernard Shaw mais c’est Jean Giraudoux qui va le révéler.
En 1928, il assiste à une représentation de Siegfried de Jean Giraudoux. C’est la révélation, désormais il sait qu’il écrira lui aussi pour le théâtre.
En 1929, il succède à Georges Neveux comme secrétaire général de la Comédie Française. C’est l’occasion pour le jeune homme de côtoyer la crème du théâtre. Il va en particulier collaborer avec Louis Jouvet. Une relation tumultueuse va s’installer entre eux mêlant admiration et exaspération.

Les débuts de dramaturge

Jean Anouilh débute sa carrière d’auteur en 1932 mais doit attendre cinq ans pour connaitre son premier vrai succès avec la pièce Le voyageur sans bagage.

La pièce est montée au théâtre des Mathurins.

Georges Pitoëff réalise la mise en scène et interprète le rôle titre en compagnie de son épouse Ludmilla. 
Forts de ce premier succès, les deux hommes montent ensuite La sauvage, pièce qui sera bien accueillie par le public et la critique. 
La pièce suivante, Le bal des voleurs, va permettre à Jean Anouilh de rencontrer André Barsacq, directeur de la compagnie des quatre saisons, ils collaboreront ensemble une quinzaine d’années. Anouilh est désormais unanimement reconnu par la profession et apprécié du public.

La période de guerre

Pendant la guerre, l’auteur ne va pas cesser de créer et de remporter le même succès.
D’abord en 1940 avec Léocadia, montée au théâtre de la Michodière, puis en 1941 et 1944 avec Eurydice et Antigone, toutes deux créées au théâtre de l’Atelier par André Barsacq.

1945 marque une date importante pour Anouilh, celle de sa rencontre avec celui qui allait devenir son acteur fétiche : Michel Bouquet.

Michel Bouquet se souvient de la création d'Antigone.

Une oeuvre "thématisée"

L’auteur fécond ne va plus cesser de produire, au rythme d’une pièce par an. Il se renouvelle sans cesse passant de la fresque à la satire, de la tragédie à la comédie.
Il traite des thèmes récurrents : l’innocence et la pureté profanée, les mensonges sociaux, les brouilles familiales, la révolte contre la richesse, le refus de l'hypocrisie et du mensonge, le désir d'absolu, la nostalgie du paradis perdu de l'enfance, l'impossibilité de l'amour, l'aboutissement dans la mort.
Anouilh a lui-même organisé ses œuvres en séries thématiques, faisant alterner d'abord « Pièces roses » (comédies) et « Pièces noires » (gravité). Après la guerre apparaissent les « Pièces brillantes » qui jouent sur la mise en abyme du théâtre au théâtre, puis les « Pièces grinçantes », (comédies satiriques). Enfin, il créée des « Pièces costumées » dont les héros emblématiques se sacrifient au nom du devoir.

 Metteur en scène et scénariste

Durant six ans, délaissant sa propre écriture, Anouilh adapte plusieurs pièces d'auteurs étrangers et français (Graham Greene, Shakespeare ou Roger Vitrac).
En parallèle, il écrit aussi des scénarios et des dialogues pour le cinéma ou pour la télévision.
En 1968, Anouilh retourne au théâtre en tant qu’auteur, le succès est à nouveau au rendez-vous. A la Comédie des Champs-Elysées Le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron lui permet de retrouver ses amis de toujours : Roland Piétri pour la mise en scène, Jean-Denis Malclès pour les décors et les costumes, Michel Bouquet dans le rôle principal.

Une reconnaissance officielle

En l'espace de deux ans, Anouilh se voit décerner plusieurs prix prestigieux (le Prix de la Critique et le Prix mondial Cino del Duca en 1970 puis, le Prix du Brigadier (de l'Association des régisseurs de théâtre) en 1971.
Toujours en 1971, Anouilh entre au répertoire de la Comédie-Française avec Becket, à l'initiative de Pierre Dux. Mais il refuse d’entrer à l’Académie Française.

A partir de 1980, sa santé décline. Très affaibli physiquement, il se retire chez lui en Suisse. Bien que ses pièces continuent à être jouées, l’auteur ne participe plus à leur mise en scène. Il continue cependant à écrire jusqu’en 1986.
Sa dernière œuvre, La Vicomtesse d'Eristal, sera publiée après sa mort. Jean Anouilh décède à l’hôpital le 3 octobre 1987.

Pour aller plus loin

Jean Anouilh en 11 émissions (pack audio) 11 pièces de Jean Anouilh adaptées pour la radio : La répétition ou l'amour puni, Antigone, Eurydice, Colombe ou encore Ardèle ou la Marguerite.

En scènes : Antigone

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