Jardiner autrement

Redaction Ina le 06/03/2014 à 15:50. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 14:34.
Economie et société
Jardiner autrement

Le jardinage est l'un des loisirs favoris des Français. Reflet d'une société en quête de nature, il est antistress, économique et se pratique partout, en ville comme à la campagne, en pleine terre ou sur son balcon. C'est aussi l'écrin d'une biodiversité végétale menacée. Découverte de jardins conviviaux et solidaires. 

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Jardiner en ville

17 millions de Français sont fous de jardinage. A la campagne ou à la ville, par soucis d’économie ou pour le plaisir, enfants ou retraités, chacun revendique son bout de terre.  

La passion du potager, 2011

Lorsqu’on imagine un potager, des images de campagne, de villages bucoliques et de paysan bourru s’imposent à nous. Pourtant, le bitume accueille également ses routes de pommes de terre ou ses rangées de poireaux. Dans les villes, de plus en plus de citadins en quête de verdure chouchoutent à leur tour des pieds de tomates et des allées de salades.

Les jardins ouvriers apparaissent dès la crise économique des années 30.

Les jardins ouvriers des années 30

Les trente glorieuses ne sonnent pas le glas de ces jardins urbains. Au contraire, pour les « exilés ruraux », jardiner c’est rétablir une connexion avec la terre. Voici les conseils avisés d’un jardinier des villes en 1970.

Jardins à Ivry, 1980

L’engouement persiste toujours. Les jardins partagés fleurissent dans les centres villes, comme ici à Paris à l’initiative de plusieurs associations.

Jardins partagés à Paris, 2004

Solidarité et partage

Les années 2000 développent une nouvelle conception du jardinage venue des États-Unis : le jardin communautaire, familial ou collectif. Un nouveau mode d’échange et de partage est né. Dans ce village Cévenol, les habitants disposent des bacs potagers devant chez eux et offrent gratuitement leur récolte.

Jardin solidaire Légumes gratuits dans un village cévenole, 2012

Dans d’autres régions, mairies et conseils régionaux financent des jardins collectifs. Avec le retour de la crise économique et la baisse du pouvoir d’achat, cultiver devient une alternative intéressante pour se nourrir à moindre coût ou compléter sa retraite. 100m² = 1000 euros d’économies par an !

Jardins familiaux Poitevins, 2012

Ces îlots de verdure réinstaurent également le dialogue social. On y récolte la convivialité entre voisins : performances artistiques, happenings côtoient le maniement de la bêche.

 Jardins collectifs, 2002

Le potager n’est plus ringard mais devient intergénérationnel. Les écoliers y étudient les sciences en prenant soin des plantes. Les anciens dévoilent des savoir-faire, partagent des semences et des rires. Le jardin remplace désormais la place du village.

Jardins partagés de Montpellier, 2007

Ces havres de paix répondent à un besoin profond de nature. Le bio règne en maître. Fruits et légumes goûteux régalent les papilles et agrémentent les confitures maison.

Jardins ouvriers, 2014 

Le troc de graines, de produits du jardin ou de services se développent dans ces potagers partagés.

Échange de fruits et légumes via internet

Plants, boutures et conseils s’échangent joyeusement et gratuitement.

Troc de graines et bouture à Orbey 2001

A Torcy en Seine-et-Marne, la liste d’attente des candidats jardiniers n’en finit plus de s’allonger. Les arpents de terre riment avec liberté, mais les projets immobiliers menacent ces jardins d’Éden.

Les jardins familiaux, 2008

Retrouver la saveur

Jardiner autrement, c’est aussi privilégier la qualité des produits pour le plaisir des yeux et du goût. Alain Passard, le grand chef étoilé l’a bien compris. Dans son propre potager, il soigne ses légumes comme un trésor.

Le goût des légumes, 2009

Le choix des plants et graines permet également de préserver la biodiversité des variétés agricoles. Partons à la découverte du jardin de Guilaine, une passionnée pour qui la courge bleue de Hongrie ou la pomme d’or n’ont plus de secrets.

Les légumes rares 2012

Préserver la biodiversité

La législation interdit le commerce de ces espèces rustiques, seuls les jardiniers amateurs sont autorisés à échanger leurs précieuses semences. Ce paysan boulanger se bat pour la levée de cette interdiction. Il cultive des variétés de blé oubliées et produit un pain savoureux et unique.

Variétés oubliées 2010

Dans le Verdon, l’association Kokopelli milite également pour la préservation des semences rares. Elle entretient un jardin de légumes d’antan. Malheureusement, non homologuées, ces « variétés sans papiers » doivent être reconduites à la frontière des jardins et leurs défenseurs poursuivis par les semenciers devant les tribunaux. Seules 10% des graines sont officiellement répertoriées.

Parc du Verdon, 2008

Lutter contre la disparition des variétés fruitières, c’est possible. Les fruits anciens, malgré leurs qualités gustatives incomparables, ont progressivement disparu, sacrifiés sur l’autel de la productivité et de la rentabilité. Voici l’exemple du verger conservatoire situé dans le Tarn protecteur d’un patrimoine d’arbres fruitiers de la région.

Monde rural : verger conservatoire dans le Tarn, 1989

Pour terminer, donnons la parole à Louis de Funès, un passionné de jardinage qui vantait déjà en 1972 les bienfaits du jardinage biologique sans pesticides et la saveur incomparable des produits naturels de son jardin.

Le jardin bio de Funès, 1972