Isabelle Huppert sur la manière dont elle envisage son métier de comédienne de théâtre en 1989

"Le théâtre pour moi c'est associé à des grands textes... C'est forcément associé à un beau texte, à un style à quelque chose de grand... Pendant longtemps ça me faisait peur ces textes-là. Je ne pensais pas que j'étais capable de jouer Racine, Claudel, Shakespeare mais si ça devait se faire, j'aimerais bien. Bien-sûr... "

On le sait, Isabelle Huppert est une comédienne emblématique du cinéma français mais aussi... du théâtre. Le vœu qu'elle exprimait en 1989 de jouer de grands textes est devenu réalité et a même sans doute dépassé ses plus folles espérances. Véritable caméléon, l'actrice de cinéma s'est muée en comédienne de théâtre, parvenant à se renouveler à chaque nouvelle pièce. Elle insufle à ses rôles une âme auquel aucun spectateur ne reste insensible. Elle ne joue pas, elle incarne ses personnages comme autant de facettes secrètes de sa propre personnalité.

Retour en vidéos sur la carrière théâtrale du mystère Huppert.

En 1991, elle présente la pièce de Shakespeare Mesure pour mesure et son film avec Chabrol Madame Bovary, l'un des grands rôles de sa carrière.

En octobre 1992, elle évoque son rôle dans Jeanne au bûcher de Paul Claudel, auteur qu'elle a découvert à travers ce texte... "On ne meurt pas impunément sur scène".

L'année suivante, elle est seule sur scène pour jouer Orlando de Virginia Woolf, mis en scène par Bob Wilson. Un personnage à l'identité plurielle, parfois trouble, qu'elle incarne à merveille "J'ai eu très peur au début et maintenant j'ai moins peur et j'ai plus de plaisir..."

Dans les coulisses, à 15 minutes de l'entrée en scène, Isabelle Huppert à propos de ce rôle androgyne. Elle parle du texte de la pièce, de l'état de "divagation" avant de jouer, du personnage qu'elle interprète, et au fait qu'elle ne pense pas au sens.

En 1996, le théâtre national anglais accueille l'actrice française qui joue là-bas Mary Stuart. "Elle s'est abandonnée à faire des choses terribles par amour et en même temps elle est une victime"

En 2000, l'événement d'Avignon c'est le Médée d'Euripide, mis en scène par Jacques Lasalle. L'actrice joue Médée, l'épouse déchue, délaissée par Jason et dont la vengeance sera terrible...

A propos de son personnage, elle commente : "J'essaye de la comprendre, je n'essaye pas de la justifier...", "On a l'impression que la seule fatalité qui accable Médée c'est d'être une femme... son parcours est un peu une métaphore d'une misérable condition féminine". Elle parle ensuite de sa rencontre avec Jacques Lassalle le metteur en scène. Elle explique sa phrase "Les monstres m'attirent", pourquoi elle aime incarner des personnages qui a priori n'attirent pas la sympathie mais elle aime aussi la comédie. "Au théâtre, on est toujours seul, le théâtre est fait pour ça aussi". Ce qu'elle ressent à jouer dans ce lieu si extraordinaire que la Cour d'honneur.

Autre rôle fort en 2004. Isabelle Huppert entre dans la peau de Hedda Gabler. Pièce d'Henrik Ibsen, mise en scène par Eric Lacascade. Elle trouve cette pièce très mystérieuse. "Ce qui est essentiel c'est ce qu'il y a entre les mots".

Pour aller plus loin

En 1976, à Cannes, elle incarne l'espoir du cinéma français (c'est sa 1ère télé)

En 2006, deux expositions sont consacrées à l'artiste, notamment une exposition de photographies au Couvent des Cordeliers et une exposition à la Cinémathèque française où on peut voir une rétrospective de ses films. Elle évoque sa passion pour la photographie, et ses rencontres avec des photographes humanistes. 

Rédaction Ina le 15/02/2010 à 14:09. Dernière mise à jour le 06/03/2018 à 18:56.
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