Françoise Giroud

Redaction Ina le 08/01/2013 à 11:20. Dernière mise à jour le 16/09/2016 à 19:06.
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Françoise Giroud

Françoise Giroud nous a quittés le 19 janvier 2003. Femme de caractère, journaliste, 2 fois Secrétaire d’Etat et écrivain prolixe, elle consacre sa vie à l’amélioration de la condition féminine. A l'occasion du centenaire de sa naissance le 21 septembre 1916, ina.fr revient en images sur le combat d’une femme hors du commun.

Des origines ottomanes

Françoise Giroud est née le 21 septembre 1916 à Lausanne, en Suisse, de parents ottomans. Son vrai nom est Léa France Gourdji. Elle le francisera officiellement en 1964.
La petite fille n’a que 3 ans lorsque son père meurt prématurément laissant sa famille dans une grande précarité. Dans ces conditions difficiles, elle commence à travailler dès 14 ans et enchaîne les petits boulots.
Elle passe un diplôme de dactylo et entre dans une librairie du boulevard Raspail. C’est là qu’elle rencontre un homme qui va changer sa vie : le cinéaste Marc Allégret.

L’expérience cinématographique

 Au milieu des années 30, Marc Allégret l’introduit dans le monde du cinéma. D’abord secrétaire, elle devient rapidement la 1ère femme scripte du cinéma français. Elle travaille pour le cinéaste, dont elle s’éprend, alors qu’il entretient une relation avec André Gide.
A partir de 1937, elle travaille pour Jean Renoir comme assistante-metteur en scène, puis co-scénariste et scénariste. Cette expérience fait naître chez elle le goût de l’écriture.

La vocation journalistique

 Sa vocation de journaliste se forge durant la Seconde Guerre mondiale. Elle obtient un droit de travail pendant l'Occupation en utilisant son pseudonyme de Françoise Giroud.
 En 1943, elle écrit dans « Le Pont », périodique allemand édité en français, destiné aux travailleurs français en Allemagne. Elle écrit également dans « Paris-Soir », dont la rédaction principale est installée à Lyon.
Durant cette période, elle mène de front des activités dans la Résistance. Après dénonciation, la Gestapo l’arrête et l’incarcère à la prison de Fresnes (mars à juin 1944). Sa bravoure lui vaudra de recevoir la médaille de la résistance à la fin de la guerre.

Une journaliste militante

 Désormais journaliste à plein temps, Françoise Giroud excelle dans la prose militante. Sa prise de position contre la guerre d'Algérie, lui coûte le plasticage de son appartement.
En 1945, Hélène Lazareff l’engage comme directrice de rédaction d’un nouveau magazine féminin « Elle ». Elle y restera jusqu’en 1953, date à laquelle elle fonde « L'Express » avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, son amant. L’aventure s’achève en 1974 car un nouveau destin attend Françoise Giroud.

La femme politique

 Malgré un appel à voter François Mitterrand en 1974, la journaliste accepte un poste dans le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing. Elle devient Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Condition féminine (1974 à 1976).
Elle lance « 101 mesures » en faveur des femmes (mise en place de droits propres pour les femmes, lutte contre les discriminations, ouverture des métiers dits masculins, etc).
 Elle obtient ensuite le poste de Secrétaire d'État à la Culture jusqu'en mars 1977.

 L’abandon de la politique

 Aux élections municipales de 1977, Françoise Giroud accepte d’être candidate dans le 15ème arrondissement de Paris. Le sénateur Maurice Bayrou, compagnon de la Libération, choisit ce moment pour porter plainte contre elle pour port illégal de la médaille de la Résistance.
Ce scandale, qui bafoue sa réputation, pousse la candidate à se retirer de l’élection et entraine la fin de sa carrière politique.
Sa bonne foi sera finalement reconnue par le procureur de la République en 1979.

 Retour à l’écriture

 Françoise Giroud quitte les ors du pouvoir. Ils lui inspirent cependant plusieurs ouvrages : « La Comédie du pouvoir » puis « Le Bon Plaisir » (1983), adapté au cinéma.
Dans ce livre, publié aux éditions Mazarine, elle raconte l'histoire d'un président de la République qui cache l'existence d'un enfant illégitime.
Après cette parenthèse politique, elle revient à son métier de journaliste, d’éditorialiste et d’écrivain.
Elle fonde en 1979 l'association Action Contre la Faim (ACF).
Retour en images sur la carrière exceptionnelle d’une journaliste passionnée et militante.
Pour en savoir plus : Françoise Giroud à la radio