15 jours après la tuerie de Parkland qui a causé la mort de 17 lycéens dans un établissement de Floride, un professeur de lycée de Georgie, qualifié par son proviseur « d’excellent », a ouvert le feu alors qu’il s’était enfermé dans sa salle de classe. C’est en tentant d’ouvrir la salle aux élèves que le proviseur a entendu le coup de feu, un geste encore inexpliqué à l’heure actuelle.

Cet incident survient alors que la question du port d’armes pour les professeurs est en ce moment au centre des débats aux Etats-Unis, quelques jours après que le Président Trump a évoqué la possibilité d’armer environ 20% du corps professoral.

Aux Etats-Unis, une législation complexe établit une distinction entre le port d’armes dissimulé (concealed carry) et le port d’armes non dissimulé, en évidence (open-carry). Dans le cas du port d’armes dans les écoles, il s’agit le plus souvent d’armes dissimulées que certains Etats autorisent les professeurs à porter. A condition donc que ces armes de poing soient discrètes, cachées sous une chemise par exemple.

Quelques Etats permettent donc sans autorisation préalable le port d’armes dissimulées pour les professeurs au sein même des écoles et des salles de classe. Et notamment, l’Utah. En 2012, un reportage de France 2 était parti à la rencontre de professeurs de cet Etat. Quelques jours avant le reportage avait eu lieu la terrible tuerie de Newton, où 20 enfants et 8 adultes avaient péri sous les balles dans une école primaire de Sandy Hook, dans le Connecticut.

En réaction, 200 professeurs décidaient de franchir le pas et de suivre une formation pour obtenir le port d’armes. Jona Tuttle, enseignante, témoigne : « bon je vous le dis, je viens d’acheter un revolver, personne ne peut le voir, les élèves ne savent pas que je le porte, il reste sur moi toute la journée, et si quelque chose arrive, je le sors tout de suite ». Jessica Fiewish, une autre professeure, renchérit : « je crois que c’est important qu’on soit protégés, si c’est pas le cas, on se fait tirer comme des lapins ». Preuve du succès de la formation, 200 professeurs suivent une formation qui ne ramène en général que 20 personnes. Pour Clark Aposhian, formateur ravi d’une telle audience, « on ne peut pas retirer les armes des mains des criminels, alors mettons des armes dans les mains des bonnes personnes ». Une tendance à l’armement qui fait tout de même réagir certains parents d’élèves, comme cette mère arguant que la défense des écoles devrait être laissée à « des policiers entraînés dont c’est le métier ».

Il reviendra à Donald Trump et au Congrès américain de décider dans les prochains temps quelle politique suivre vis-à-vis de ces professeurs armés : amplifier le phénomène, ou légiférer pour sanctuariser les écoles et y interdire toute arme à feu.

Rédaction Ina le 01/03/2018 à 18:24. Dernière mise à jour le 02/03/2018 à 09:49.
Economie et société