Du SMIG au SMIC

Redaction Ina le 08/02/2017 à 15:47. Dernière mise à jour le 08/02/2017 à 15:56.
Economie et société

Le 11 février 1950 voyait le jour le Salaire minimum interprofessionnel garanti ou SMIG. Retour en images sur l’histoire de ce dispositif fixant un niveau de rémunération minimum en dessous duquel aucun salarié ne pouvait être payé.

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Le SMIG (1950-1970)

La Seconde guerre mondiale a laissé la France et les Français exsangues. La situation économique est critique : tickets de rationnement (jusqu’en 1949), inflation galopante, crise du logement et instabilité gouvernementale de la IV République… La reprise tarde malgré de nombreux efforts de l’Etat pour garantir les conditions de vie de la population.

Le texte constitutionnel de 1946 affirme dans son préambule que la Nation "garantit à tous (…) la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs".

C’est dans cette optique sociale que voit le jour, le 11 février 1950, un Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Le texte rétablit également les conventions collectives supprimées par le régime de Vichy.

Annonce de la fixation du SMIG au journal officiel, 1950 (audio)

Ce dispositif fixe un niveau de rémunération minimum en dessous duquel aucun salarié ne peut être payé. Il est déterminé en fonction du budget type d’un ménage.

Le SMIC a 50 ans, rétrospective du dispositif, 2000

Le SMIG horaire est fixé par décret après consultation de la Commission supérieure des conventions collectives. Il s’élève alors à 64 francs (1,66 euros) pour les résidents des régions, et à 78 francs (2,03 euros) pour les habitants de la région parisienne.

A partir de 1952, le SMIG est indexé sur l’inflation.

Alain Peyrefitte à propos de l’augmentation du SMIG, 1965

Le niveau de vie des Français en 1965 : le panier de la ménagère

En 1968, à la suite des Accords de Grenelle, il passe de 2,20 à 3 francs horaire (la baguette de pain coûte alors 0,45 francs).

SMAG, cousin du SMIG (1950-1968)

Le 9 octobre 1950, est créé le SMAG (salaire minimum agricole garanti). Inférieur au SMIG, il tient compte des facteurs d'existence propres à la vie rurale de l'époque (coût inférieur du logement, accès direct aux denrées alimentaires, etc.). En 1968, au cours d’une interview, le Ministre de l’Agriculture évoque la question du SMAG.

Edgar Faure, 1968

Ce SMAG disparaît en s’alignant sur le SMIG en juin 1968, les conditions de vie rurale s'étant rapprochées des conditions urbaines.

Chiffres en main, 1968

Depuis 1970... Le SMIC

Par la loi du 2 janvier 1970, le SMIG laisse la place au Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC). Ce changement permet d’aligner la progression des salaires – moyens et minimum - à celle de la croissance de l’économie qui était florissante à l’époque.

Du SMIG au SMIG, 1969

Le niveau du nouveau SMIC est alors indexé sur l’inflation, mais également sur la hausse du salaire moyen, ce qui aboutit à une revalorisation sensible du salaire minimum. En 1974, il y avait 700 000 Smicards en France.

Portraits de Smicards en 1974

A partir du 1er janvier 2017, le montant du SMIC brut horaire s’élève à 9,76 €, soit 1 480,27 € bruts mensuels sur la base de la durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires.

 

Pour aller plus loin

Antoine Pinay, ministre des Finances et des Affaires économiques du gouvernement De Gaulle, sous la présidence de René Coty. Présente le budget 1959 et annonce de l'instauration du nouveau franc. (1958)