Le 13 janvier, c'est la journée sans pantalon ! Alors, saviez-vous que jusqu'au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, les hommes ne portaient ni slip, ni caleçon ? Les pans de la chemise, alors fort longue, étaient glissés dans le pantalon. La seule alternative qui existait était le caleçon long, qui protégeait avant tout du froid, et n'était visiblement pas une marque de virilité. Il faut alors attendre la première moitié du XXe siècle pour qu'apparaissent progressivement les sous-vêtements masculins que nous connaissons aujourd'hui. 1925 est une date aussi importante dans le domaine du sous-vêtement que 1492 l'est pour la découverte de l'Amérique. Cette année-là, Jacob Golomb, le fondateur d’Everlast, la célèbre entreprise d’équipement de boxe, décide de mettre de l'élastique pour tenir les traditionnels caleçons portés par la pugilistes, jusqu'alors serrés par des ceintures de cuir. Une autre révolution eut lieu quelques années plus tard lorsqu'en 1934 la marque américaine Cooper's, Inc inventa le slip moderne en s'inspirant des maillots de bain courts alors portés par les vacanciers à la mer. Après la Seconde Guerre mondiale, le slip prend progressivement le pas sur le caleçon, et au cours des années 1960, il devient le sous-vêtement de référence. On retrouve sa trace, colorée et moderne, dans les archives. 

1968 : "Un slip pourrait avoir des lumières, ou un klaxon"...

Les années 1960 riment avec révolution sexuelle et créativité débordante. Le sous-vêtement masculin, jusqu'alors considéré comme ringard et objet de peu d'attention, trouve alors dans le modèle du slip le moyen de se libérer, de s'affirmer, et de se montrer. Dans ce reportage réalisé en 1968 pour l'émission Dim Dam Dom, des hommes interrogés revendiquent la personnalisation du slip : "on devrait avoir des slips pour les hippies, pour les chauffeurs de bus". Certains le trouvent cependant toujours trop serré, à l'instar d'un "appareil orthopédique". Pour mettre tout le monde d'accord, Madame déclare que de toute façon, "un homme est mieux avec un slip que sans"...

Le slip, objet de mode : reportage de Dim Dam Dom en 1968

Karl Lagerfeld : "je n'aime pas le caleçon, il y a trop de tissu"

Bien sur, on ne pouvait envisager cette histoire de la rivalité entre le slip et le caleçon sans demander son avis à un spécialiste du genre, Monsieur Karl Lagerfeld en personne, interrogé dans le même numéro de Dim Dam Dom. Son avis est tranché. Pour lui, seul le slip permet la créativité et la légèreté de la seconde peau. 

Karl Lagerfeld donne son avis sur le slip (Dim Dam Dom, 1968)

1978 : "Dis-moi quel slip tu portes et je te dirai qui tu es"

A la fin des années 1970, le slip fait encore fureur. Un reportage d'Aujourd'hui Madame présente de nombreux modèles de slips, classiques ou fantaisistes, qui dévoilent par leur variété et leur fantaisie un phénomène sociologique. Selon Jean-Paul Aron, de l'Ecole des Hautes Etudes, il s'agit d'une "véritable réhabilitation du corps de l'homme que ce phénomène manifeste dans la mesure où jusqu'à une période assez récente l'homme n'était pas, par son corps en tout cas, recevable, en tant qu'objet érotique". 

Les sous-vêtements masculins, Aujourd'hui Madame, 1978

1985 : le retour du caleçon

Certes, le slip résiste encore. Mais à écouter Eddie Barclay, pour qui "les artistes portent des caleçons", ce sous-vêtement opère un retour en force dans les années 1980 et révolutionne le secteur. Une nouvelle mode est née. Jugez-en plutôt. 

La revanche du caleçon, Le magazine, 1985

Alors, slip ou caleçon ? Depuis les années 1990, les Français plébiscitent massivement le boxer, qu'on peut situer à la jonction entre ces deux modèles, qui ne se seront finalement pas imposés massivement. Mais nous l'avons vu, dans ce domaine aussi, les modes vont et viennent...

Rédaction Ina le 12/01/2018 à 18:10. Dernière mise à jour le 12/01/2018 à 19:35.
Economie et société