Contre la grippe de 1949, un lavement à base de carottes

Administrator dev le 05/10/2017 à 14:04. Dernière mise à jour le 05/10/2017 à 14:16.
Economie et société Sciences et techniques

L'émérite professeur Dac (sic) était interrogé en 1949 sur l'épidémie de grippe italienne et les moyens de la combattre. Une ordonnance bien tassée, loin des recommandations actuelles.

Ce remède contre la grippe, vous ne le connaissez pas et selon une éminence médicale reconnue, il vaudrait tous les vaccins. En 1949 en effet, les Actualités Françaises "ont jugé de leur devoir d'interroger le plus célèbre des spécialistes, le professeur Pierre Dac" (...) Que pense le professeur Dac de l'épidémie de grippe italienne qui frappe la France ? "Ah heu... Je suis contre, résolument contre." Son ordonnance ? Sulfate de parmesan râpé, chlorhydrate de gnocchi, phosphate de vermicelle, et aussi des carottes (pour la vitamine A) administrés en lavages intestinaux. Mais, surtout, du grog. "Ah là là oui, 8 à 10 grogs par 24 heures. Dans la proportion de 10 gouttes d'eau pour un litre de rhum." Radical.

Soixante huit ans plus tard, ce remède est tombé dans l'oubli. Mercredi 4 octobre, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a donné le coup d'envoi de la campagne de vaccination annuelle contre le virus. Une composition modifiée chaque année en fonction de l'évolution des souches du virus. Et peu de chance d'y retrouver de la carotte.

C'est donc sur un ton humoristique que les Actualités Françaises traitaient de l'épidémie de grippe, intégrant un sketch de l'humoriste dans un sujet de JT. L'ensemble est un brin fataliste, à l'image des journaux télévisés des années 60 et 70 :

Donc, vous êtes malades ? Une aspirine et au lit ! Voire un coup de gnôle. Un style qui tranche avec le traitement journalistique actuel, au ton plus grave, comme l'illustre cette dépêche de l'Agence France Presse du mercredi 4 octobre 2017 :

PARIS, 4 oct 2017 (AFP) - La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a donné mercredi le coup d'envoi de la campagne de vaccination annuelle contre la grippe saisonnière, appelant en particulier les professionnels de santé à montrer l'exemple en se faisant davantage vacciner. "J'enjoins les professionnels de santé à adopter une conduite exemplaire. Il est indispensable que nous montions leur taux de couverture vaccinale", a déclaré la ministre, alors qu'en moyenne seul un quart d'entre eux se fait vacciner contre la grippe. "Si cet appel à la mobilisation n'aboutit pas à un changement de braquet, nous réfléchirons à des mesures plus incitatives, voire coercitives", a-t-elle ajouté, lors d'une conférence de presse au ministère. Alors que le gouvernement s'apprête à rendre 11 vaccins obligatoires pour les jeunes enfants, contre trois actuellement, on doit "en tant que soignant, donner l'exemple avec le vaccin contre la grippe", a estimé Mme Buzyn.

L'arrivée des vaccins dans les pharmacies sera accompagnée, à partir de vendredi, d'une campagne de communication à la télévision et dans la presse, à destination des plus de 12 millions de Français exposés au risque de complications de la grippe. Baptisée "Ne laissons pas la grippe nous gâcher l'hiver", elle rappellera que la vaccination est le meilleur moyen d'éviter cette maladie, en combinaison avec les gestes d'hygiène (lavage des mains, limitation des contacts par les malades, port de masque, etc.).   L'épidémie de l'hiver dernier, responsable d'environ 14.400 décès, "a rappelé la gravité de cette pathologie dont la survenue et la dangerosité restent imprévisibles", a souligné le ministère dans un communiqué.

Pour la première fois, les pharmaciens de deux régions (Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle Aquitaine) sont également autorisés, à titre expérimental, à administrer le vaccin contre la grippe (sauf pour les femmes enceintes, les sujets immunodéprimés et ceux qui se font vacciner pour la première fois). Près de 3.000 pharmaciens participent à cette expérimentation d'une durée de trois ans, qui vise à toucher des populations complémentaires à celles déjà prises en charge par les médecins et les infirmiers.