Contexte de crise

L'année 1973 au Chili est marquée économiquement par une inflation galopante : 323 %. Par ailleurs, la politique de nationalisation du président socialiste Salvador Allende attise la foudre des catégories sociales aisées, notamment les grands propriétaires. Farouchement opposés aux orientations économique du Président, les petits commerçants, à leur manière, expriment leur mécontentement, en stockant les marchandises de première nécessité. La pénurie gagne.
Parallèlement, l'économie du pays est gangrenée par des grèves. La plus importante : celle des transporteurs qui depuis le 25 juillet paralyse le Chili. Une situation économique critique donc, largement fomentée par les opposants au président Allende. On apprendra plus tard que chaque gréviste a touché 4 dollars par jour pour maintenir le blocus. Un financement rendu possible grâce à des fonds particuliers qui transitaient par l'ambassade des Etats-Unis. A cette banqueroute économique s'ajoute l'agitation de la droite politique qui demande le départ du président.

Le coup d'Etat

C'est dans ce contexte de crise que quatre officiers tentent un renversement du pouvoir. Au général Augusto Pinochet, de l'armée de terre, se joignent les commandants en chef des deux autres armées et le chef de la police. Les putschistes décident de bombarder le palais présidentiel de la Moneda.
A 14h, le 11 septembre 1973, le président Allende trouve la mort au milieu des flammes et de la fumée. Le nouveau chef du Chili s'appelle désormais Augusto Pinochet.
Cette prise de pouvoir chaotique est saluée à la fois par les nantis chiliens, les partis de droite et les Etats-Unis. La junte militaire est celle qui a su « extirper le marxisme du Chili », détruire un bastion communiste en zone d'influence américaine. Et ceci dans un contexte de guerre froide, rappelons-le.
La politique communiste laisse dès lors place à une dictature militaire.

Et après ?

A l'euphorie succède la désillusion. Deux jours après le coup d'Etat, la junte dissout le congrès, suspend la constitution et interdit les partis politiques, y compris ceux qui ont acclamé le putsch.
 Pinochet décide de régner par la terreur. Les militants de l'unité populaire, les libéraux sont pourchassés, déportés ou exécutés. Nul ne dit alors combien de personnes sont mortes, mais les différents  témoignages laissent entrevoir la sévérité et l'inhumanité de la répression. Un an après ce coup d'Etat, la junte lève l'état de guerre. Reste l'état d'exception qui permet d'arrêter et de déporter n'importe quel Chilien sur dénonciation ou simple présomption. Augusto Pinochet dira : « On a beaucoup exagéré le nombre des victimes, au plus il y en a 200 ». Selon la commission vérité et réconciliation de 1991, la dictature aurait fait 2 279 morts et disparus, près de 27 255 personnes torturées.

Rédaction Ina le 05/09/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 06/09/2016 à 14:31.
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