Le candidat Macron avait remis la question des chasses présidentielles à l'ordre du jour pendant sa campagne. Début 2018, devant l’assemblée générale de la Fédération nationale des chasseurs, le président Macron a réaffirmé qu'il souhaitait en faire un outil "encadré et transparent" d’influence pour l’Etat.

Chasses présidentielles, outil diplomatique

Les chasses présidentielles était une vieille tradition bien enracinée en France et ce, dès l’ancien régime jusqu’à la Ve République. Trois domaines accueillaient ces chasses : Rambouillet, Marly-le-Roi, puis Chambord, entre 1965 et 2010. Dans les faits, depuis 1995, on ne chassait plus à l’invitation de l’Elysée, ni à Rambouillet, ni à Marly-le-Roi.

Ces chasses, supprimées par Nicolas Sarkozy en 2010 pour diminuer le train de vie de l'Etat, étaient jusqu'alors une sorte de tradition républicaine où se mêlait divertissement et diplomatie.

Après 2010, elles se sont transformées en battues de régulations dont la gestion a été confiée au ministère de l’agriculture. Dès lors, 12 à 14 battues ont été organisées dans le domaine de Chambord chaque année.

Nos présidents ont entretenu différents types de relation avec ces chasses. Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing ont été les plus assidus. Ces battues étaient pour eux des occasions de rencontrer de manière informelle des décideurs ou des dirigeants internationaux.

Georges Pompidou à la chasse présidentielle de Chambord en 1970 (document muet).

Georges Pompidou à la chasse présidentielle de Chambord en 1971.

Valéry Giscard d'Estaing et le roi d'Espagne Juan Carlos en 1975 (document couleur muet).

Retour d'une chasse à Chambord du président Valéry Giscard d'Estaing en 1976.

Le président Mitterrand lui, n'était pas chasseur et dédaignait un peu cette activité. Il gardera néanmoins les chasses présidentielles, en reconnaissant leur importance en tant que "lieu de pouvoir".

Sous le mandat de Jacques Chirac, les battues étaient accordées au nom du Président de la République, les listes d’invités étaient validées par l’Elysée, et il y avait un soutien financier modeste de la Présidence. Lorsque Nicolas Sarkozy a mis fin aux chasses, l'Etat leur consacrait 60 000 par an.

Déroulement d'une chasse à Chambord

8h30 : petit déjeuner des invités, tirage au sort des positions dans les traques prévues. Rappel des consignes de sécurité. Il y en a 5 en tout (3 le matin et 2 l'après-midi).

13h00 : déjeuner dans une ancienne ferme, dépendance du château.

14h30 : départ pour les traques suivantes.

À la fin de la dernière traque : affichage du tableau où les prises de la journée sont exposées. Le gibier est vendu pour consommation.

Découverte de la richesse de la faune à Chambord...

Pour aller plus loin

La fête de la Saint Hubert, patron des chasseurs, en forêt de Chantilly en 1946. 

La dernière chasse à courre de la saison à Rambouillet en 1948 

Conseil à un chasseur, 1952 

La chasse à cour à Compiègne, 1983 

Rédaction Ina le 16/02/2018 à 15:44. Dernière mise à jour le 16/02/2018 à 15:57.
Economie et société