Cela fait maintenant plusieurs années que la question des perturbateurs endocriniens fait la Une des médias, notamment en ce qui concerne leur impact sur la santé de la population. S'ils représentent une préoccupation sanitaire majeure en France, les perturbateurs endocriniens et leurs risques sont pourtant mal connus ou sujets à polémique.

En 2013, un rapport commun de l’OMS et du PNUE indiquait que près de 800 produits chimiques étaient connus ou soupçonnés d’interférer avec le système hormonal humain. Malheureusement, seule une petite proportion de ces produits a subi des tests susceptibles d'identifier leurs effets sur des organismes vivants.

S'en prémunir complètement est impossible dans notre société hyper industrielle mais quelques précautions pourraient limiter leur impact. De plus en plus de Français tentent de limiter leur présence, à l'image de cette jeune mère de famille qui a changé son alimentation et modifié son utilisation des produits d'entretien ou cosmétiques par exemple.

Perturbateur endocrinien késako ?

Un perturbateur endocrinien est un agent chimique susceptible d'impacter le bon fonctionnement de notre système hormonal qui régule le comportement de certains organes ou tissus. Les hormones jouent un rôle dans la croissance, la régulation de la température corporelle, le métabolisme de graisses, la faim ou la satiété, le sommeil, la libido, le niveau d’insuline, le rythme cardiaque, etc. C'est dire si l'enjeu est de taille !

Un perturbateur endocrinien vient modifier ou stimuler le comportement du récepteur hormonal d’un organe ou d’un tissu. Les perturbateurs peuvent aussi bloquer l’action des hormones.

La fertilité est particulièrement sensible aux perturbateurs endocriniens. Un homme sur dix est stérile en France… Et si ces perturbateurs mettaient en péril la fertilité humaine?

Où trouve-t-on les perturbateurs ?

On les retrouve dans la contraception, le traitement de la stérilité, etc. Le problème est qu'ensuite ces hormones sont présentes dans l'eau, contaminée par l’urine et les matières fécales.

En 2012, une étude américaine fait encore parler des effets des perturbateurs endocriniens notamment sur la puberté précoce, aux alentours de 8 ans, de plus en plus courante chez les jeunes filles.

Le Bisphénol A

C'est le plus médiatisé des perturbateurs. Il apparaît dans beaucoup de produits du quotidien : emballages alimentaires plastifiés (canettes de boisson aussi), mais aussi lunettes, certains composites dentaires, tickets d'achats ou revêtement interne des boîtes de conserve, sans oublier les cosmétiques, qui comportent par ailleurs d’autres perturbateurs, comme des parabènes ou des phtalates… 

Souvent les maternités fournissent des savons et des produits d'hygiènes pour les jeunes mamans. La composition des cosmétiques pour bébé inquiète les professionnels de santé.

Les pesticides, toujours en encore

Certains pesticides comportent des composés dits "organochlorés" comme le DDT interdit en 1971. Malgré l’interdiction de ces produits en France, ils sont toujours présents dans les sols et les nappes phréatiques et suspectés d'être à l’origine de cancers et de maladies endocriniennes aujourd’hui encore. Le repas type d'un enfant de dix ans a été passé au crible dans une étude de 2010, à l'époque  on avait identifié 128 résidus chimiques, contenus dans 81 substances différentes…

Les matières imperméabilisantes et anti-flammes

Les composés perfluorés sont présents dans les matières imperméabilisantes comme dans les textiles antitaches et dans certains emballages alimentaires cartonnés ou plastifiés. Ils peuvent être à l’origine de cancers de la prostate ou de stérilité.

Enfin, pour rendre certains produits moins inflammables, comme les plastiques, les textiles (rideaux, tapis, etc.) ou les équipements électriques, on ajoute des "composés polybromés" qui peuvent avoir des effets au niveau hépatique, thyroïdien et œstrogénique.

Les produits naturels aussi…

Certains perturbateurs endocriniens naturels se retrouvent en petites quantités dans des plantes, comme les phyto-oestrogènes (germe de luzerne, soja, froment, etc.).

Pour aller plus loin

Parfums d'intérieur, attention danger (vidéo 2004) 

Pesticides dans les maisons (vidéo 2008)

Contre l'avis du gouvernement, en 2011, les députés adoptent un amendement contre les phtalates et les parabènes. (vidéo, 2010) 

Produits cosmétiques : 185 produits considérés comme préoccupants (vidéo Le Parisien, 23 février 2016)  

400 produits cosmétiques jugés dangereux par le Magazine "Que choisir" qui souligne que les indications ne sont pas fiables. (Vidéo, février 2017)

Rédaction Ina le 15/03/2018 à 17:27. Dernière mise à jour le 15/03/2018 à 17:36.
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