Au nom de l'Islam

Redaction Ina le 27/11/2009 à 15:14. Dernière mise à jour le 09/04/2015 à 17:42.
Proche et Moyen Orient Religion
Au nom de l'Islam

« Au nom de l’Islam » est un documentaire en 2 parties consacré aux mouvements islamistes dans le monde arabo-musulman, fruit de 4 années d’enquête menée par le journaliste Ben Salama, également auteur d’un ouvrage du même nom paru aux Editions de l'Atelier. Interview.

Au nom de l'Islam

 « Au nom de l’Islam » est un documentaire en 2 parties, fruit de 4 années d’enquête menée par le journaliste Ben Salama, également auteur d’un ouvrage du même nom.
La première partie, « le ressentiment », décrit les contextes historiques et politiques de la montée de l’islamisme, de la création des Frères musulmans, quatre ans après l’abolition du dernier Califat islamique par le Turc Mustapha Kemal Atatürk, jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001.
La seconde partie, « Djihad ou Démocratie ? », s’attache à décrire les événements qui ont donné une accélération à cette vague islamiste qui envahit le monde musulman, sans exception. Interview de Ben Salama pour Ina.fr.
Le livre de Ben Salama " Au nom de l'Islam, enquête sur une religion instrumentalisée" est paru aux Editions de l'Atelier
 

 Pouvez-vous nous exposer la genèse de ce double projet ?

 Ben Salama: Je dirais que la perspective du film est née le jour des attentats du 11 septembre 2001. J’étais aux manettes de l’édition spéciale de France 3, comme rédacteur en chef en régie. 4 heures de direct, un véritable choc, point de départ de toute une réflexion, une nécessité de comprendre pour quelles raisons étaient perpétrés de tels actes terroristes et pourquoi le monde arabo musulman connaissait une vague islamiste si importante et croissante. Je ne souhaitais pas simplement rester à l’écume de l’actualité mais aller chercher les racines de l’islamisme, d’où cette mise en perspective historique qui existe dans les 2 films, en particulier dans le premier volet « Le Ressentiment ».
J’ai parallèlement travaillé sur un livre « Au nom de l’Islam, enquête sur une religion instrumentalisée » qui me permet d’approfondir la complexité du phénomène islamiste, vaste thématique.

 Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées lors de votre enquête ?

 Ben Salama: Définir l’orientation à donner à ce sujet délicat et polémique, définir aussi la manière de traiter cette thématique qui s’articule entre histoire et présent. Cet aller-retour dans le passé désoriente et s’avère difficile à faire accepter. Les prises de contact et les tournages ont été également compliqués, il fallait en effet obtenir les autorisations officielles de tournage et sur place, nous étions sans cesse surveillés. Il était nécessaire de faire preuve de tact, de ruser pour tourner et rencontrer des personnes qui ne sont pas bien vues par les régimes en place, de dire les choses sans être insultants vis-à-vis de tel ou tel parti.
C’est un film qui m’a fait beaucoup souffrir. Cependant, la presse s’est montrée unanime quant à la pertinence de ce documentaire et j’ai reçu un accueil positif de la part de tous les publics, y compris les musulmans, religieux ou non.

Le quotidien algérien « El Watan » considère votre film comme « Une enquête passionnante sur les soubresauts qui n’ont cessé d’agiter le monde musulman ». Comment voyez-vous l’avenir de ces pays arabo-musulmans ?

 Ben Salama: L’histoire nous prouve que c’est toujours une minorité qui fait bouger les choses. La population qui pour moi aspire le plus à faire craquer le système théocratique, c’est la population iranienne. Je l’ai constaté sur place et nous l’avons vu lors des élections de juin dernier. Dans ce pays, une communauté civile et contestataire extrêmement forte se bat pour un véritable projet de société différente, qui n’exclut cependant pas l’islam puisque la religion est profondément ancrée dans toutes les couches de la société iranienne.
Les jeunes que j’ai rencontrés ont pris des risques pour dénoncer l’absence de démocratie. Certains religieux contestent également le régime théocratique et souhaitent que le clergé chiite sorte de la gestion politique et administrative du pays.
Le tableau est sombre mais à partir du moment où des hommes et des femmes jeunes ou moins jeunes sont prêts à se battre au péril de leur vie pour que les choses changent, pour que l’on cesse d’instrumentaliser leur religion, l’espoir est là. Qui pouvait espérer dans les années 1980 que les régimes communistes aller basculer, une dizaine d’années après, en Europe de l’Est ?
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