Annie Girardot commence son métier d’actrice très jeune, dès l’âge de 18 ans. Enfant, dans sa Normandie natale, elle rêve déjà, sans trop savoir pourquoi, de devenir comédienne. Sa mère est sage-femme et son père meurt alors qu’elle n’a que deux ans. De cette période, elle garde quelques souvenirs impérissables, des moments forts passés avec sa mère.

Le débarquement allié la marque intensément. Après la guerre, elle s’installe à Paris et entame une scolarité au lycée Hélène Boucher, dans le 20e arrondissement. Alors qu'elle se dirige vers des études de sage-femme, pour suivre les pas de sa mère, elle est rattrapée par son destin. Elle entre dès sa première entrevue au centre d’art dramatique de la rue Blanche, dirigé par Jean Meyer, en 1949. C’est le début d’une aventure, qu’elle raconte dix ans après, déjà auréolée de succès, en 1959, au micro de Lise Elina…

Dix ans très féconds marqués très tôt par ses premiers pas au cinéma, en 1950, et surtout par ses deux premiers prix du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, grâce auxquels elle entre à la Comédie française. Une agréable surprise pour elle, étant donné sa réputation d'actrice « moderne », qui de ce fait n’a pas forcément sa place dans le temple du théâtre classique. Une expérience inoubliable, pendant laquelle elle aime jouer les soubrettes, et qui lui permettent de travailler avec Jean Meyer. C’est pendant l’un de ces projets que selon elle, « tout démarre » : en 1956, le metteur en scène l’impose dans La machine à écrire de Jean Cocteau. Sa prestation est particulièrement remarquée et lui ouvre les portes du succès. Un succès qu'elle confirme pièce après pièce, comme dans la très applaudie Deux sur la balançoire, avec Jean Marais, mise en scène par Luchino Visconti...

Une expérience qui va lui ouvrir les portes de grands projets cinématographiques. Le 7e art, Annie Girardot y est initiée au début des années 1950, en parallèle de sa jeune mais déjà bien riche carrière théâtrale. En 1960, sa vie va prendre un nouveau tournant : Luchino Visconti fait à nouveau appel à elle pour son film Rocco et ses frères, qu'il tourne en Italie. C'est le film qui va changer sa vie. Pour les essais, à la demande du réalisateur Lucchino Visconti, elle se rend à Rome, et rencontre l’un de ses partenaires, l’acteur italien Renato Salvatori. C’est le coup de foudre. Les deux acteurs se marient en 1962, l’année de la naissance de leur fille Giulia. En 1992, l’actrice, invitée sur le plateau de Thierry Ardisson, évoquait leur rencontre et sa vie à Rome, notamment dans le célèbre quartier de la Via Veneto, rendu célèbre par le film La dolce vita. Une image de vie mondaine et brillante bien loin des réalités, selon son expérience : "je ne connais rien de plus ennuyeux que la via Veneto à Rome, (…) avec les autres acteurs, on mangeait toujours au même restaurant, et puis ensuite on jouait aux cartes… ".

Ces années 1960 sont riches en expériences cinématographiques pour la jeune Annie Girardot qui devient une actrice en vue du cinéma français et italien. A cheval entre les deux pays, elle tourne aussi bien pour les réalisateurs français (Alexandre Astruc, Roger Vadim, Marcel Carné) que pour les cinéastes transalpins (Mario Monicelli, les frères Tavianni). En 1964, elle tourne dans l'un des films les plus originaux de sa riche filmographie. Sous la direction du fantasque réalisateur italien Marco Ferreri, avec qui elle tournera encore deux autres films, elle incarne en 1964 une jeune femme atteinte d'hypertrichose (une pilosité excessive la faisant ressembler à un singe) dans le sulfureux Le mari de la femme à barbe, qui fait scandale en Italie.

A partir du milieu des années 1960, la belle actrice entamera une nouvelle phase de sa carrière, qui l'amènera au cours des années 1970 à incarner "la femme française" à l'écran, mêlant sa simplicité à une sensualité naturelle qui lui feront jouer des rôles proches de la vie quotidienne des gens.

Rédaction Ina le 28/02/2011 à 16:45. Dernière mise à jour le 28/02/2018 à 09:01.
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