2013, les larmes d'imposture de la mère de Fiona

Administrator dev le 09/10/2017 à 13:03. Dernière mise à jour le 09/10/2017 à 13:03.
Justice et faits divers Economie et société

Il y a quatre ans, Fiona, âgée de 5 ans, disparaissait. Sa mère lançait alors un appel émouvant aux ravisseurs. Avant d'avouer, quatre mois plus tard, que c'est elle qui l'a enterrée. Ce lundi s'ouvre le procès en appel.

Ces larmes ont bouleversé la France. Le 16 mai 2013, Cécile Bourgeon lance un appel désespéré à la télévision. Sa fille Fiona a disparu quatre jours plus tôt dans un parc de Clermont-Ferrand, la piste de l'enlèvement est privilégiée. La mère est en larmes : "Tous ceux qui peuvent nous aider, c'est vraiment un appel au secours. Le but c'est de retrouver Fiona, c'est tout. On a besoin d'aide. N'importe qui qui voit Fiona, n'importe qui qui a Fiona, qu'il me la ramène, qu'il me la ramène, c'est tout."

Quatre mois plus tard, coup de théâtre. La mère et son compagnon d'alors, le beau-père de Fiona, avouent que la fillette est morte et qu'ils ont enterré son corps en bordure d'une forêt près du lac d'Aydat, à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand. Mais tous deux se rejettent la faute et le lieu d'inhumation reste introuvable. 

Le 26 novembre 2016, après un premier procès confus, Cécile Bourgeon avait été acquittée par la cour d'assises du Puy-de-Dôme du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle avait été condamnée à cinq ans de prison pour quatre délits, dont la "non assistance à personne en danger" et la "dénonciation de crime imaginaire", pour avoir élaboré le scénario mensonger d'une disparition. Son ex-compagnon avait écopé de 20 ans de réclusion criminelle pour l'ensemble des faits. 

Un jugement mal accepté. Le parquet général, qui avait requis pour les deux accusés la peine maximale - 30 ans de réclusion - avait fait appel. Tous les deux sont donc rejugés, à partir de lundi 9 octobre, devant la cour d'assises de Haute-Loire, pour tenter d'éclaircir le rôle de chacun dans la mort de la fillette.  La mère avait accusé son compagnon d'avoir maltraité la fillette et assené des coups violents la veille du drame. Des allégations que le beau-père rejette en bloc, l'accusant à son tour d'avoir frappé Fiona. "Ce sera le procès de la seconde chance pour qu'ils puissent nous expliquer ce qui s'est passé", estime l'un des avocats des parties civiles, Me Antoine Portal. "Qu'on arrête de nous balader, de nous manipuler (...). Fiona est morte de violences, c'est d'une évidence limpide", lance Me Charles Fribourg, avocat du père de la fillette, Nicolas Chafoulais. "On lui doit la vérité, lui expliquer comment Fiona est morte et où son corps a été jeté."

AFP