2004, les attentats de Madrid

Redaction Ina le 07/03/2009 à 00:00. Dernière mise à jour le 18/08/2017 à 16:06.
Histoire et conflits Justice et faits divers
Les attentats de Madrid

Alors que Barcelone et Cambrils en Catalogne viennent de subir deux attentats, retour en mars 2004. Le 11 mars, plusieurs bombes explosaient dans des gares de Madrid, en Espagne. Cet attentat multiple qui s'était déroulé à une heure de pointe avait fait près de 200 morts et 1400 blessés. Retour sur les faits.

madridattentat

Ce qui s'est passé

Le matin du 11 mars 2004. Il est 7h00, les Madrilènes se pressent pour se rendre à leur travail. Les trains de banlieue sont bondés, c'est l'heure de pointe dans les gares de la capitale espagnole. Une journée de semaine qui commence les autres… Mais entre 7h37 et 7h55, le drame se produit. A la gare d'Atocha, trois bombes explosent. A celle d'El Pozo, deux. Une autre éclate en gare de Santa Eugenia. Un train encore situé à l'extérieur d'Atocha, à la Calle Tellez, est lui aussi touché : il contient quatre bombes. Par la suite, les forces de sécurité trouveront et désarmeront trois autres bombes, qui n'ont pas explosé.

Explosions de bombes dans trois gares madrilènes

La ville sous le choc

ETA…

Ces attaques constituent l'attentat le plus meurtrier commis sur le sol espagnol. En 1987, le groupe basque terroriste ETA tue 21 civils dans un supermarché de Barcelone. A qui attribuer alors cet attentat du 11 mars (le "11-M" comme l'appelleront par la suite les Espagnols) ? Dans un premier temps, la participation de l'ETA ne fait pas de doute, surtout pour le Premier Ministre de l'époque, Aznar. Sa première réaction est en effet de désigner très rapidement l'ETA comme coupable, le groupe terroriste ayant multiplié les actions avant la date fatidique. Mais le groupe indépendantiste basque ne frappe habituellement pas à cette échelle. Et généralement, il prévient, quelques minutes avant ses attentats. Enfin, l'ETA dément toute implication à travers son biais traditionnel : le journal basque "Gara".

Pour protester contre le gouvernement Aznar accusé d'avoir manipulé l'opinon publique, les espagnols ont manifesté leur colère dans la rue et dans les urnes à l'occasion des élections législatives. 

… ou Al-Qaida ?

D'autres pistes sont alors évoquées : comme celles du réseau Al-Qaida ou d'un groupement islamiste indépendant. A la date du 15 mars, cette piste s'étoffe. Trois Marocains et deux Indiens sont déjà en garde à vue. Ils ont été trahis par le téléphone portable qui devait servir de déclencheur à une des bombes qui n'a pas explosé. De même, les autorités espagnoles ont reçu une revendication d'Al-Qaida sur cassette vidéo : la présence de l'armée espagnole en Irak serait la raison de cet attentat.

Avancée de l'enquête et arrestations

Déclaration d'Angel Acebes, le ministre de l'Intérieur espagnol sur l'enquête en cours

Le procès et son verdict

Du 15 février au 2 juillet 2007, se déroule à Madrid le procès des attentats du "11-M". Il aura fallu trois ans d'instruction. Auxquels s'ajoutent 5 mois de procès, donc, et 3 mois de délibération.

Le 31 octobre 2007, le verdict est enfin connu. "Mohamed l'Egyptien", présenté par l'accusation comme l'un des trois organisateurs de l'attaque, est acquitté. Les autres cerveaux présumés sont condamnés à 12 et 15 années d'emprisonnement. Une peine "légère" qui ne punit que leur appartenance à un groupe terroriste, dont le nom reste inconnu.

Ils ne seront pas reconnus comme organisateurs des attentats. Par contre, les Marocains Jamal Zougam et Othman El Gnaoui écopent de 42 922 et 42 924 années de prison chacun.

Ils sont considérés comme les membres du commando ayant posé les sacs bourrés d'explosifs. Sur 28 accusés, 7 seront acquittés. L'inexistence judiciaire d'un quelconque auteur intellectuel soulevant la tristesse et la colère des familles des victimes.