Le 13 mai 1993, Erick Schmitt, un chômeur dépressif, prend en otage une classe de maternelle à Neuilly-sur-Seine. Pendant deux jours, l'homme, qui se fait appeler "Human Bomb", tiendra en haleine la France entière. Retour sur un événement qui a traumatisé le pays.

Jeudi 13 mai 1993, 9H27. Un homme dont la tête est cachée par un casque de motard fait irruption dans une classe de maternelle du groupe scolaire Commandant Charcot à Neuilly-sur-Seine. 21 élèves et leur institutrice Laurence Dreyfus sont présents dans la salle. L'homme qui a peur d'être reconnu, ne communique que par le biais de documents tapés sur ordinateur : "Ceci est une prise d'otages." Rapidement, il demande une rançon de cent millions de francs et menace de faire sauter la salle de classe si il ne l'obtient pas. Très vite, les médias arrivent et la prise d'otages devient un événement national.

Ce jour là, Nicolas Sarkozy, alors maire de la ville et ministre du Budget, arrive sur place et sa sortie de l'école avec un enfant dans les bras reste comme l'une des images fortes de cette prise d'otages.

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Nicolas Sarkozy avec un enfant dans les bras

"J'essaie de vous sortir de la panade, de vous trouver le pognon, de vous trouver la voiture. Qu'est ce que je peux faire de plus ?"

                                              Nicolas Sarkozy à l'encontre du preneur d'otages

Le preneur d'otages, Erick Schmitt, un chômeur dépressif et avide de notoriété, demande à se faire installer un poste de télévision ainsi qu'une radio. Et après deux jours de tension, il commence à montrer des signes de fatigue. Le RAID décide alors de passer à l'action en versant un somnifère dans son café. Le samedi 15 mai 1993, à 7H25, les policiers du RAID pénètrent dans la salle de classe alors que le preneur d'otages dort. Les derniers enfants sont libérés et Erick Schmitt est tué de trois balles dans la tête par le policier Daniel Boulanger. Dans un reportage de France 2 en 2007, Daniel Boulanger détaillait l'assaut : "L'ouverture du feu ne pouvait se faire au corps. [...] Si il fallait tirer, on ne pouvait faire qu'un tir à la tête". Une version qui sera remise en cause à l'époque par certains médias et dont "l'exécution" aurait été ordonnée par le ministre de l'intérieur Charles Pasqua. A propos de cette polémique, Daniel Boulanger rajoutait : "Personne ne vous donnera cet ordre là. C'est facile de faire la morale. Dans certaines revues, on m'a traité d'assassin de la république. Je trouvais cela un petit peu fort de café."

Les enquêteurs n'ont pas réussi à identifier le forcené avant la fin de la prise d'otages. 25 ans après, cette dernière est encore présente dans toutes les mémoires.

Rédaction Ina le 07/05/2018 à 16:00. Dernière mise à jour le 07/05/2018 à 16:09.
Economie et société