Le procès des trois militants de l'ultra-droite poursuivis pour la mort du militant antifasciste Clément Méric en 2013 s'est ouvert mardi. Entre les antifascistes et les groupuscules d'extrême droite, la guerre n'est pas nouvelle. En 1990, un reportage saisissant recueillait le témoignage de "redskins", en chasse contre les "skins".

Ces "Reskins", autrement dit "Peaux rouges" en anglais, sont une mouvance née dans les années 1980 en Angleterre, issue culturellement du monde punk et du rock alternatif. En France, les "Redskins" se développent au milieu des années 1980, dans un pays marqué par la montée du Front national et les nombreuses crises identitaires qui fracturent la société. A la fin de la décennie, un petit groupe de ces "redskins" parcourt les rues de la capitale et le métro à la recherche de ces "skinheads", frères ennemis issus du même terreau rock contestaire, dont beaucoup se tournent vers l'action fasciste. 

"On commence à chasser, et si jamais on rencontre des skins, on leur rentre dedans"

Le but de ces virées nocturnes est ouvertement d'en découdre physiquement, le discours est clair : "On est une bande de chasseurs, contre un mouvement que tout le monde connaît, parce qu'il y a une publicité infernale autour de ce mouvement, le mouvement "skinhead", et nous on supporte pas qu'il y ait de la xénophobie en France ou dans le monde, et on est contre le racisme en général, alors ici on est dans le métro, on commence à chasser, et si jamais on rencontre des Skins, on leur rentre dedans".

Un témoignage saisissant d'une réalité socio-culturelle déjà présente dans la France des années 1980, et ravivée aujourd'hui à l'occasion des combats de rue, durant les manifestations, entre "antifas" et "fas". Des événements qui tournent parfois au drame, comme ce fut le cas en 2013 lors du meurtre de Clément Méric.

Rédaction Ina le 05/09/2018 à 10:56. Dernière mise à jour le 06/09/2018 à 11:46.
Economie et société