Si les plus jeunes auront plaisir à découvrir l’univers de la Guerre des étoiles, certains se souviendront avec nostalgie de la sortie du premier opus de la saga, le 19 octobre 1977. A l’époque, le film de George Lucas, rebaptisé en 2000 Star Wars, épisode IV, Un nouvel espoir, arrivait tel un ovni dans le paysage cinématographique français. Dès les premières journées d’exploitation, il entraîna un grand succès commercial et un véritable engouement du public. Nous nous sommes demandés comment l’arrivée de Star Wars, en octobre 1977, avait été commentée par la télévision et la radio ? Retour en plein cœur des années 70, lorsque le terme « blockbuster » définissait un nouveau type de cinéma…

 

Michel Drucker : « Star Wars, une aventure gigantesque »...

C’est avec Michel Drucker le 11 septembre 1977 que les téléspectateurs français ont vent pour la première fois du succès phénoménal de Star Wars aux Etats-Unis, où il tient le haut de l’affiche depuis le 25 mai. Le présentateur vedette de TF1 revient d’Amérique où il a été impressionné par les recettes économiques du film et le succès populaire de ce qui s’apparente à un phénomène culturel sans précédent.

Alors que le film est projeté en clôture du festival de Deauville, environ un mois avant sa sortie commerciale en France, Michel Drucker demande à Jodie Foster et Claude Lelouch de donner leur avis sur cette « aventure gigantesque, qui restera sans doute dans les annales et dans l’histoire du cinéma ».

Michel Drucker présente Star Wars en compagnie de Jodie Foster et Claude Lelouch en direct du festival de Deauville.

 

Carrie Fischer présente le film... en français !

Le 3 octobre, l’héroïne du film, l’actrice Carrie Fisher, qui prête ses traits à la princesse Leïa, évoque dans une interview (en français s’il vous plaît !) les caractéristiques de son personnage et dévoile les éléments centraux de l’histoire.

Carrie Fisher à propos de Star Wars.

 

Gary Kurtz, producteur : « Flash Gordon comme genèse de Star Wars »...

Le 17 octobre, deux jours avant la sortie du film, l’émission « Aujourd’hui magazine » consacre une émission à la question des Ovnis et à la vie extraterrestre. En préambule, un quart d’heure est consacré à la présentation de Star Wars, avec de nombreux extraits et les interviews de certains des acteurs du film, Carrie Fisher, Harrison Ford et le producteur Gary Kurtz. Ce dernier est l’artisan du succès du précédent film de George Lucas, American Graffiti réalisé en 1973, qui triomphe aux Oscars. Les deux hommes souhaitent donc récidiver en adaptant les aventures de Flash Gordon, mais doivent renoncer en raison du coût trop élevé du projet. Ils se lancent alors dans l’aventure Star Wars.

Gary Kurtz à propos de l'influence de Flash Gordon.

A la radio, les cinéphiles du « Masque et la plume » se passionnent pour le film : "sabres lasers" contre vulgaires "néons"...

A la radio, c’est avec le grand classique de la critique cinéphile « Le masque et la plume » que les auditeurs découvrent deux avis partagés sur le film. Le 23 octobre, Jean-Louis Bory et Michel Perez confrontent leur point de vue. Pour Jean-Louis Bory, devant le film, « on s’amuse beaucoup, et on y trouve des tas de choses » : une adaptation des romans de chevalerie, des histoires ancestrales de lutte entre chevalier noir et chevalier blanc. « L’écologie sidérale » de l’œuvre l’amuse. Mais selon lui, ce qu’il y a de plus intéressant, c’est la représentation d’une modernité imparfaite, où les « machines peuvent se détraquer ». C’est ainsi la fonction des deux robots C3PO et R2D2, qui par leurs imperfections représentent l’essence de l’homme, à la manière du couple comique de Laurel et Hardy. Harrison Ford et Carrie Fisher évoquaient justement ce point dans le numéro « d’Aujourd’hui magazine ». Plus critique, Jean-Louis Bory termine son analyse en pointant le fascisme latent de l’œuvre, présente aussi bien dans le camp du mal que dans celui du bien.

Pour Jean-Louis Bory, une œuvre riche de thématiques et extraordinaire sur le plan visuel.

  

Michel Perez nuance l’avis de Jean-Louis Bory sur la richesse thématique du film. Pour lui, « Star Wars est une machine psychédélique pour un public planant ». Selon lui, si l’œuvre est un chef-d’œuvre visuel, au montage brillant qui préfigure une nouvelle modernité du cinéma, le film « n’apporte rien sur le fond, mais propose un simple objet de consommation », magnifique certes, mais vide.

Pour Michel Perez, un film « planant » : une beauté esthétique vide de sens.

Rédaction Ina le 13/12/2017 à 15:01. Dernière mise à jour le 14/12/2017 à 10:33.
Fictions et animations