Les bouquinistes de Paris réfléchissent à une inscription au patrimoine culturel de l'Unesco. Mais la France ne peut déposer qu'un dossier tous les deux ans et la liste d'attente est déjà longue. Depuis plusieurs années, cette librairie à ciel ouvert s'efface au profit des souvenirs touristiques. En 1974 déjà, les bouquinistes tiraient la sonnette d'alarme...

Les bouquinistes de Paris existent depuis le 16ème siècle. Aujourd'hui, 300 000 livres d'occasion sont en vente en bord de seine chez 210 bouquinistes. Mais le métier ne cesse de disparaître petit à petit. Depuis la prolifération des souvenirs touristiques, le nombre de bouquinistes est passé de 240 en 1991 à 210 aujourd'hui. Afin de contrer cette concurrence déloyale, Jérôme Callais, président de l'association culturelle des bouquinistes de Paris milite pour une inscription à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l'humanité établi par l'Unesco. Florence Berthout, maire LR du 5ème arrondissement, trouve l'idée intéressante : "Une inscription au patrimoine de l'Unesco donnerait un coup de projecteur sur une activité qui fait l'identité intellectuelle de Paris et participe à l'exception culturelle française."

Mais cette inscription relève du ministère de la culture et la France ne peut déposer qu'une seule candidature au PCI de l'Unesco tous les deux ans. La bataille s'annonce donc acharnée d'autant plus que les bouquinistes sont considérés comme étant le dernier petit métier de Paris.

En 1974 déjà, ils étaient inquiets pour leur métier avec la construction de la voie express rive gauche. Un bouquiniste témoignait : "Nous sommes inquiets car nous n'avons aucun droit sur notre emplacement et l'administration peut nous faire partir dans les 48 heures". Il rajoutait : "Le public a évolué aussi. La télévision nous a tués et les trois quarts des jeunes ménages vivent au dessus de leurs moyens."

La profession est de moins en moins rentable et les bouquinistes se voient obliger de vendre des gravures ou des cartes postales afin de gagner leur vie. En 2009, la mairie de Paris donnait des avertissements aux bouquinistes qui vendaient plus d'articles que de livres.

En 2018, la démarche d'inscription risque d'être longue. Celle ci peut prendre deux ans à partir de la réception du dossier par l'Unesco.

Rédaction Ina le 24/04/2018 à 13:56.
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