Au début des années 2000, l'affaire Clearstream éclate. Le journaliste Denis Robert reçoit une liste de fichiers bancaires sur lesquels se trouvent des comptes occultes. Des personnalités y sont mêlées telles que Nicolas Sarkozy ou Charles Pasqua. Mais cette liste est trafiquée...Cinquante ans auparavant, c'est une toute autre affaire d'espionnage politique qui voit le jour.

En septembre 1953, François Mitterrand vient de démissionner de son poste de ministre d'Etat délégué au conseil de l'Europe. Quelques mois plus tard, Pierre Mendes France, président du conseil des ministres français, apprend par le commissaire de police Jean Dides, que les délibérations du comité supérieur de la défense nationale sont parvenues au Parti communiste français. Alors en pleine guerre froide, l'acte est considéré comme une haute-trahison.

Une question se pose. Qui est l'informateur du commissaire ? Le journaliste affirme : "Est ce le début d'une douloureuse affaire où se mêlent des naïfs, des agents doubles, des traîtres, sous le titre troublant d'une affaire d'espionnage ?"

Alors que le président de la république René Coty a également reçu les documents, plusieurs rumeurs courent dans Paris selon lesquelles François Mitterrand serait l'espion. Sous pression, Pierre Mendès France demande à son directeur de cabinet de mener une enquête, sans en parler à François Mitterrand...Quelque temps plus tard, l'informateur est identifié. Il s'agit d'André Baranes, journaliste pour le quotidien L'humanité. Le journaliste précise : "Le journaliste Baranès semble avoir été l'élément principal de l'affaire. Il a avoué avoir reçu et transmis certaines pièces secrètes du comité de la défense nationale."

Les coupables sont dès lors dévoilés au grand jour. Il s'agit de Jean Mons, secrétaire général du comité supérieur de la défense nationale. Il sera aidé par deux de ses collaborateurs : Roger Labrusse et René Turpin. Guidés par un idéalisme pacifiste, ces derniers étaient contre la guerre d'Indochine. En 1956, Jean Mons sera accusé de négligence. Roger Labrusse et René Turpin seront condamnées à respectivement six et quatre ans de prison.

Rédaction Ina le 05/03/2018 à 15:25.
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