C’est en 1943, en Suisse, que l’histoire du LSD commence. Le chimiste bâlois Albert Hofmann travaille depuis 1938 avec son collègue Arthur Stoll sur la recherche d’un stimulant circulatoire et respiratoire. Il étudie pour cela les propriétés des dérivés de l’ergot de seigle, ce fameux champignon, parasite de certaines céréales, et notamment du seigle.

Le 19 avril 1943, il s’administre le 25e échantillon de ses recherches, de la dyéthylamide de l’acide lysergique (en allemand Lyserg Saür Diäthylamid). Après ingestion du produit, il se sent très mal. Il rentre chez lui à bicyclette et est sujet à de nombreuses hallucinations, qui lui donnent une forte impression de dépersonnalisation, dans un environnement fortement coloré et intense. A l’angoisse du « trip » succède le lendemain une sensation de calme et de bien-être. Par son « trip », il a ainsi mis au jour, sans vraiment le vouloir, le LSD-25, l’un des psychotropes les plus célèbres du XXe siècle

La contre-culture américaine s'empare du LSD...

La médecine s'intéresse fortement à cette découverte, aux Etats-Unis et en Europe. Le laboratoire Sandoz (aujourd'hui devenu Novartis) commercialise sa découverte auprès de médecins et de psychologues intéressés par les possibilités thérapeutiques du LSD. Au tournant des années 1960, le LSD se popularise grâce à la publicité qui lui en est faite dans les écrits d'auteurs comme Aldous Huxley, qui dans Les portes de la perception, paru en 1954, raconte sa propre expérience de prise de LSD. Les auteurs de la Beat GenerationAllen Ginsberg, Jack Kerouac, William Burroughs, sont des adeptes de cette drogue psychédélique, qui commence à se diffuser massivement dans les cercles étudiants de Californie et de la côte Est. 

Timothy Leary, un professeur de psychologie d'Harvard, va pousser à fond cette aventure, et "convertir" au LSD des milliers d'Américains. 

« Turn on, tune in, drop out ! » (ouvre-toi, mets-toi en phase, évade toi !). Sa devise résume la philosophie des adeptes du LSD aux Etats-Unis dans les années 1960. En 1959, il fait appel à Allen Ginsberg afin de prendre part à ce mouvement psychédélique qui semble prêt à transformer radicalement la jeunesse américaine.

S'ennuyant dans sa vie rangée d'universitaire, il veut faire partie de cette aventure. En 1960, il s'associe à Harvard au psychologue Richard Alpert avec lequel il mène des expériences avec ses étudiants de prises contrôlées de LSD. Ses sessions rencontrent un grand succès et bénéficient à des milliers d'étudiants. Mais devant la fronde de parents et de professeurs, Leary et Alpert sont renvoyés de Harvard

Progressivement, le LSD va être mis au ban de la société américaine. En 1965, les laboratoires Sandoz arrêtent la fabrication de LSD. La législation américaine est de plus en plus répressive, et en vient même à réprimer la simple détention, en 1968. A partir des années 1970, l'utilisation du LSD va décliner progressivement. Durant les années 1960, elle aura profondément marqué la contre-culture américaine, influençant de nombreux écrivains et musiciens.

En 1966, Cinq colonnes à la Une s'intéressait à ce phénomène qui investissait aussi l'Europe, et notamment les villes de Londres et d'Amsterdam, en proposant aux téléspectateurs français de découvrir l'état de "cobayes" sous emprise de LSD. Un document exceptionnel, qui fait sensation ! 

Rédaction Ina le 13/04/2018 à 18:12. Dernière mise à jour le 13/04/2018 à 18:37.
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