Festival de ROYAN : colloque sur la création théâtrale - Audio Ina.fr

Festival de ROYAN : colloque sur la création théâtrale

30 nov. -1 01h 29min 24s 213 vues

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Festival de ROYAN : colloque sur la création théâtrale

30 nov. -1 213 vues 01h 29min 24s

Colloque sur la création théâtrale, enregistré en public au Festival de ROYAN avec Claude SAMUEL, conseiller artistique du Festival et Jean Louis BARRAULT. Avec sa fougue et son érudition habituelle, Jean Louis BARRAULT défend l'idée d'une continuité au théâtre depuis Eschyle jusqu'à CLAUDEL : le théâtre est un acte charnel et total qui traverse le temps. Pour illustrer son propos, il s'appuie sur deux oeuvres majeures qu'il a mises en scène : "Oh les beaux jours" de Samuel BECKETT et "Les paravents" de Jean GENET. (Cette archive est un enregistrement brut, non monté et non diffusé) - A 3'00 : Jean Louis BARRAULT parle de la crise du théâtre : une crise permanente. L'exigence de rapidité du théâtre pour être en phase avec son époque. L'actuelle mutation de civilisation qui désoriente les poètes. Exemple des "Les chroniques martiennes" BRADBURY. Le temps d'adapter ce roman, le sujet est devenu démodé. A l'inverse, des textes plus anciens peuvent révéler d'un coup leur modernisme et la permanence de leur thématique comme "La tentation de Saint Antoine" de FLAUBERT. Ou encore "MEDEE". - A 11'50 : le sentiment du sacré au théâtre. Certains poètes athées gardent une propension au mysticisme comme nécessité intérieure. Lui est profondément croyant. On a beau déclarer que dieu est mort, on extermine pas ce qu'il y a dans l'homme de divin, une espèce de noyau de pêche qui le pousse à créer une forme sacrée, une forme rituelle. Exemple de MALRAUX avec les Maisons de culture : les hommes baptisent des endroits pour que dieu revienne ! Exemple de "Oh les beaux jours" de BECKETT. Le vide absolu, la vie dérisoire du personnage principal ; l'approche de la mort mais l'étincelle intérieure qui ne peut pas être détruite et qui continue de remercier dieu par cette phrase magnifique "Oh les beaux jours". - A 16'00 : propos sur "Les Paravents" de GENET. Explication de la thèse morale et anarchiste de la pièce. L'indignation et de révolte contre tout ce qui s'abrite derrière les paravents des conformismes. Phrase clef : "La misère à l'honneur à l'assaut des vivants". - A 18'20 : La resacralisation du théâtre est-elle un moyen de résister au cinéma et à la télévision qui sont en plein essor ? L'art dramatique a été nettoyé de sa tâche de consommation grâce au cinéma. La nécessité de recul pour traiter des sujets modernes. Comment une oeuvre devient une objet poétique par la transposition. Exemples : "Les Mouches" de SARTRE, l'oeuvre de Bajazet, "Les Paravents" de GENET (diction lyrique, costume, maquillage presque chinois...) - A 26'18 : il n'y a qu'un seul ennemi au théâtre c'est l'ennui. Anecdote à propos de l'enregistrement à la radio du "Soulier de satin" de CLAUDEL, en 1942. 4 séances de 1h30 ! - A 30'33 : Claude SAMUEL : quelle est l'évolution actuelle du théâtre ? Y a t-il un rupture au théâtre comme c'est le cas en musique ? JL BARRAULT : La rupture dans le théâtre est plus difficile que dans les autres arts, du fait même que l'acte théâtral est un acte humain, charnel. - A 35'50 : Claude SAMUEL : quels sont les points communs et les divergences entre CLAUDEL et GENET ? JL BARRAULT : Ils se séparent sur la conception de l'existence mais aucune séparation sur la technique théâtrale. CLAUDEL est un homme de théâtre, son verbe est charnel. SHAKESPEARE, GENET, BRECHT, CLAUDEL utilisent le même terrain théâtral symphonique et musical. Parle de l'influence de l'Extrême Orient chez ces auteurs. Leur bulletin de vote ne serait peut être pas les mêmes. (Rires) Le Nô japonais, ESHYLE. C'est le même filon d'humanité de l'art théâtral. Un théâtre d'action qui se traduit par le rythme et la composition symphonique. Défend cette continuité dans le théâtre. - A 39'12 : CLAUDEL SAMUEL : quelle est la nouveauté dans le théâtre ? BARRAUT compare "Oh les beaux jours" avec le Nô japonais avec un personnage un choeur et un choryphée. Dans BECKETT reste un personnage, le choeur et le choryphée ont disparu le reste c'est le vide le vestige d'une pièce antique. C'est ce qui déstabilise. Dans cette pièce il y a une action (l'enfoncement dans l'approche de la mort) et une conversation avec un absent. BECKETT a saisi le changement de civilisation ; nous sommes à à carrefour, à la veille d'une renaissance. Reconnaît qu'on peut ne pas aimer le théâtre de BECKETT. - A 43'46 : CLAUDEL SAMUEL : quelle est l'influence de la littérature sur le théâtre ? BARRAULT confond La littérature et l'écriture. Le théâtre lui est charnel. BECKETT c'est de la respiration, c'est une partition. Importance des indications de l'auteur. L'exception de "La tentation de Saint Antoine". CLAUDEL C'est l'inverse. Il est difficile à lire, mais dans la bouche le verbe de CLAUDEL est évident, comme pour GENET ! - A 48'42 : Pourquoi il a monté'Le Chateau "de KAFKA ? Cela a permis de démocratiser KAFKA. Anecdote d'un machiniste revenant de la Sécurité sociale : "Ah je comprend votre"Procès " maintenant! " - A 51'29 : l'évolution du théâtre est international. Désir de présenter un style de théâtre qui soit compréhensible à tous d'où le développement du corporel. Le théâtre total. - A 53'47 : Claude SAMUEL : Où en est la tendance des auteurs dramatiques à donner des indications précises pour la représentation ? Quelle marge entre la fidélité et la création ? JL BARRAULT : le seul créateur, c'est l'auteur ; le metteur en scène est un serviteur. Exemples : "Il faut passer par les nuages "de BILLETDOUX ; "La tentation de Saint Antoine"par BEJART. Reproche aux jeunes Metteurs en scène d'être plus audacieux avec les auteurs anciens qu'avec les modernes. Exemple de "Phèdre". (applaudissements) - A 1H5'33 : questions du public : le théâtre de IONESCO. L'art du théâtre prend sa source dans l'angoisse de la mort. Deux manières de réagir : affronter les dieux "Délivrez moi de ma stérile angoisse." (Eschyle) ; ou faire une pirouette, manière comique : "Ma joie m'empêche de savoir où je suis. "(Ménandre). Comme font MOLIERE, IONESCO ou CHAPLIN. Le côté sacré existe dans les deux approches, depuis le théâtre antique, les Mystères au Moyen Age, ou le Nô japonais. - A 1H11'20 : question sur les attentes du public. Exemple de BUTOR qui oriente ses solutions en fonction des réactions du public. L'appétit croissant du public dans le but de se développer soi-même. Exemple du " happening ". Adorerait faire un happening dirigé. Idée d'un strip-tease à l'envers ! (rires). La technique de l'improvisation. En commedia dell'arte, elle est basée sur une érudition extrême des acteurs" véritables encyclopédies vivantes " ! - A 1H17'06 : question sur l'expérience de Peter BROOK à Londres à propos d'un spectacle sur le Vietnam. Du happening vers la création collective. La tradition du théâtre élisabethain. - A 1H20'09 : question sur le théâtre de Marat-SADE. BARRAULT ne l'a pas vu. Attention à la complaisance en faisant du faux ARTAUD. - A 1H22'09 : question sur la littérature. La magie et la religion du théâtre. Le texte au théâtre s'appelle le verbe, c'est une danse buccale. Explication précise du côté charnel des consonnes et des voyelles en dehors du sens. - A 1H26'58 : son rêve de voir un poète prenant conscience de toutes les possibilités d'un être humain (le cri, le chant, les mouvements...), répondant aux aspirations modernes, avec les acteurs correspondant. Fin du colloque, annonce du spectacle du soir" Oh les beaux jours "de BECKETT avec Madeleine RENAUD. (Applaudissements)

Générique

participant

Jean Louis Barrault

présentateur

Claude Samuel

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