Pierre DUMAYET interviewe (en français) Jorge Luis BORGES à l'occasion du numéro spécial que lui ont consacré les cahiers de L'Herne. Jorge Luis BORGES s'est senti à la fois accablé et reconnaissant de cet hommage dont il dit se sentir un peu indigne. Il parle de sa cécité presque complète et des personnes qui lui font la lecture. Il parle de ses positions politiques au cours de sa vie : du côté des Alliés pendant les deux guerres mondiales, puis "anarchiste romantique" opposé à PERON dont il ne veut même pas prononcer le nom. Il raconte comment il a perdu son emploi de bibliothécaire dont on l'a chassé en l'humiliant : on lui proposait un poste d'inspecteur pour la vente des volailles dans les marchés. Sa mère et sa soeur ont été en prison. Il se considère comme un démocrate, à la conscience claire, mais précise qu'il n'y a pas d'interférence avec son oeuvre. Il n'a jamais fait de littérature engagée. Il parle de son retour en Argentine en 1921-22, après ses études en Europe, de la découverte de son pays d'origine et de Buenos Aires sa ville. Il parle d'un de ses textes "Borgès et moi" et de la façon dont il se perçoit lui-même. Il répond à quelques questions sur les symboles dans son oeuvre et explique sa "fascination" pour les mauvais garçons qui s'entretuent au couteau. Il explique aussi pourquoi il a écrit sous des pseudonymes. Il préférerait que le monde l'oublie mais se rappelle quelques-unes de ses pages. Il ne pense jamais à sa renommée personnelle.