Pierre-André BOUTANG et Gérard GUEGAN ont invité l'écrivain Jean DUTOURD, auteur du célèbre "Au bon beurre", chroniqueur à France Soir.AUTOPORTRAIT Jean DUTOURD, filmé en régie pendant le montage de son interview, vitupère en se regardant et conteste l'intérêt de se raconter, de se montrer.Il préfère écrire que parler, la parole étant une "perpétuelle rature", explique l'écrivain interviewé par Gérard GUEGAN au Musée des Arts Décoratifs, musée qu'il fréquente depuis sa plus tendre jeunesse. Il évoque son enfance, son talent pour la peinture, ses études à la Sorbonne pendant la guerre, son mariage en 1942, la Résistance et son entrée au journal Libération. Il raconte avec une certaine humilité sa recherche perpétuelle d'honneurs, pour améliorer sa situation professionnelle, gagner plus, éviter de se faire "foutre à la porte". Il parle de son échec à devenir député s'étant trompé de siècle et de public, confondant 19ème et 20ème siècle, citoyens et consommateurs. De GAULLE a su, lui, parler aux citoyens pendant onze ans. Jean DUTOURD déteste la société technique et industrielle d'aujourd'hui. Ce qu'il aime ce sont les sociétés agraires et littéraires. Il se sent beaucoup d'affinités avec SOLJENITSYNE, le seul écrivain actuel qu'il envie.DEBATJean DUTOURD répond aux questions de Dominique JAMET, journaliste à l'Aurore, Marc KRAVETZ, journaliste à Libération, René TAVERNIER, du Progrès de Lyon. Ils définissent Jean DUTOURD comme un "honnête" écrivain pour l'un, "brillant " pour un autre, "la plume de la majorité silencieuse" et "un bourgeois" pour un troisième. Ils sont intéressés par sa façon de porter ses lunettes sur son front ou de fumer sa pipe. DUTOURD commente le rachat de France Soir par Philippe HERSANT.Il ne semble pas affecté par les attaques de JAMET et de KRAVETZ, est satisfait d'avoir contribué à la libération des soeurs Portal, évoque ses chroniques de France Soir, ses échecs à l'Académie et à la députation. Marc KRAVETZ reproche à Jean DUTOURD de s'attaquer à des cibles faciles, évitant soigneusement d'aborder les causes importantes de notre temps. Avec sa "fausse" modestie habituelle, l'écrivain réplique que ces causes n'ont pas besoin de lui, et exige qu'on le dissocie du journal France Soir dont il n'est qu'un simple chroniqueur et non un journaliste politique. JAMET et KRAVETZ s'offuquent de l'identification éhontée de DUTOURD à SOLJENITSYNE. TAVERNIER défend Jean DUTOURD en tant qu'écrivain de talent, à l'oeuvre non conformiste.