Bernard PIVOT anime ce 628ème numéro d'Apostrophes, consacré à la sorcellerie, au diable : - Alina REYES (pseudonyme) présente son premier roman "Le Boucher", premier prix d'un concours de littérature érotique. Elle raconte comment lui est venue l'idée du boucher, qui représente la chair morte et la chair vivante. Pour elle, ce n'est ni érotique, ni pornographique. Elle évoque les réactions de son entourage à la lecture de ce livre. Interventions des autres participants sur le contenu et la forme de ce roman. Pivot en lira quelques lignes. - Eloise MOZZANI, auteur de "Magie et superstition", raconte quelques histoires de cartomancie, de prédiction...dans la première moitié du 19ème siècle. C'était aussi la grande époque du magnétisme. Sous Napoléon, la sorcellerie est considérée comme du charlatanisme ; elle revient à l'honneur sous la Restauration - René DEPESTRE présente son livre "Hadriana dans tous mes rêves", une légende haitienne Il définit le vaudou comme un catholicisme créole, avec lequel l'Eglise fait beau ménage. Il explique ce qu'est un zombie. Il montre comment le surnaturel est une composante du caractère haitien. Il a construit son roman comme une oeuvre musicale. - Jean Pierre TISON présente les trois volumes des "Ecrits secrets" de Marcel JOUHANDEAU : "Le Voyage secret", "Carnets de Don Juan" et "Tirésias". En parlant de ses trois livres, il évoque la personnalité complexe de l'écrivain, son homosexualité, ses rapports avec les femmes, dont Elise, de son don pour le bonheur et la jouissance, de sa croyance en le diable, qui représente le désir. Extrait d'un "Apostrophes" de décembre 1978 où Jouhandeau évoque son homosexualité. Pivot signale que notamment vers "l'âge de 60 ans, Jouhandeau découvre la sodomie passive, et devient une femme", événement détaillé dans "Tirésias", largement commenté par les invités. - Michel CARMONA, historien, auteur du livre "Les diables de Loudun", parle de la sorcellerie au 17ème siècle, en évoquant l'affaire la plus célèbre, celle du curé de Loudun, Urbain Grandier accusé par les possédées du couvent des Ursulines et condamné. Il raconte une scène de possession et une séance d'exorcisme. Il ne pense pas que cette histoire soit une machination de Richelieu mais justifie le rôle et l'intérêt de l'Eglise dans ces affaires de possession. Extrait du film de Ken Russel "Les Diables".