Bernard PIVOT a consacré cette émission à l'historien Georges DUMEZIL, 88 ans, avec lequel il s'entretient dans sa bibliothèque. DUMEZIL, né en 1898, évoque son enfance dès laquelle commence sa passion pour les langues par la découverte d'un vieux dictionnaire étymologique de latin (le Bréal). Il parle de ses études, de sa thèse soutenue en 1922, de sa carrière de diplomate, de son admission au Collège de France et à l'Académie Française. Bernard PIVOT lit un extrait du discours d'accueil. Georges DUMEZIL retrace sa vie consacrée à la "comparaison", des mots, des langues, des mythes et des dieux dans les civilisations indo-européennes. Malgré ses recherches, il n'a pas la prétention d'avoir trouvé et avoue modestement "manier" trente ou quarante langues dont certaines comme l'Oubykh, langue du Caucase, ont quasiment disparu. Il reconnaît toutefois "avoir posé un problème correctement", c'est sa définition de l'idéologie "trifonctionnelle", qu'il considère comme le début du "structuralisme" (allusion à Claude LEVI STRAUSS). Au cours de l'entretien, Bernard PIVOT présente les derniers ouvrages de Georges DUMEZIL : "Loki", "Le Mahâbhârata", "Fêtes romaines", "Mythe et épopée" que celui-ci commente ainsi que l'ouvrage de Pierre GAXOTTE "Lettres à ma filleule" (fille de DUMÉZIL). Georges DUMEZIL décrit son itinéraire politique sans engagement réel et dit quelques mots sur le monde actuel. A propos de sa famille, il aborde le concept inné/acquis et compare sa femme "à la Providence" "preuve de l'existence des Dieux". Il termine en parlant de la mort, qu'il souhaite pour lui brutale lui épargnant douleur et déchéance.