Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER reçoit Edgar MORIN, directeur d'études au CNRS, pour une émission intitulée "Le temps nécessaire du désenchantement". Edgar MORIN commence par commenter une idée développée dans son livre "Pour sortir du XXème siècle" qui est une synthèse de sa réflexion politique. Il s'explique longuement sur sa conception de la politique, le rôle des partis et des "chefs" politiques et l'idée "qu'on ne doit plus réserver la part la plus conne de soi-même à la politique". Il continue, toujours en référence à son ouvrage, sur le sens de l'Histoire et en particulier sur les effets de la première guerre mondiale sur le cours des événements. Il parle ensuite de son expérience de membre du parti communiste de 1941 à 1951 et démonte les mécanismes du totalitarisme dont nous ne sommes, selon lui, jamais à l'abri. Il enchaîne sur sa conception de la démocratie et du pluralisme, de la vérité et de l'erreur. C'est du marxisme dont il est ensuite longuement question puis du rapport entre communisme et terrorisme. La dernière partie de l'entretien porte sur l'idée d'Edgar MORIN qui estime "qu'il faut apprendre à penser complexe" et que nous sommes "dans la préhistoire de l'esprit humain". Enfin, Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER demande à Edgar MORIN quelle conviction mériterait selon lui de se battre jusqu'au bout, jusqu'à en mourir.