Vous ne respectez donc rien ?

Vous ne respectez donc rien ?

Apostrophes d'été - 09/07/1982 - 01h15min12s
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Pour sa première émission de l'été, Bernard PIVOT a réuni sur le plateau d'Apostrophes des écrivains dont l'ouvrage présente un caractère irrespectueux : Jean Claude DARNAL pour "Bien joué Monsieur Marine", portrait d'un comédien qui joue plusieurs rôles pour pouvoir hériter, Gérard CALVI qui évoque le poète humoriste André FRÉDÉRIQUE, Roland TOPOR pour "Café panique", recueil d'histoires qui ont pour décor un café, Philippe ALEXANDRE pour "Vie secrète de Monsieur le" où il conte l'histoire d'un président de la république ; Nicolas BOKOV pour "La tête de Lénine", histoire d'un pickpocket qui veut dérober la tête de LENINE dans son mausolée et Manuel VAZQUEZ MONTALBAN pour "Meurtre au Comité central", enquête policière dans les milieux du PC espagnol.- Jean Claude DARNAL présente son roman "Bien joué Monsieur Marine" : comédie facétieuse où, ancien comédien lui-même, il fait jouer à un comédien le rôle de plusieurs cousins hauts en couleur pour pouvoir hériter : une pionnière de l'aviation, un ancien de la Waffen SS, un écossais. Après les avoir réunis dans dans leur hotel de Pont Labbé,son héros devra faire disparaître ses personnages qu'il a créés : - Co-créateur du "faux mouvement historique" Panique, Roland TOPOR parle d' un malentendu sur un humour rangé et se préfère "déconneur" par souci de réalisme. Il aime fréquenter les cafés : on y boit, fait des rencontres, écoute les échos de la vie. Il a écrit "Café panique" en hommage à Damon BUNYON, à partir de projets avortés de scénarios, romans- , recueil d'histoires qu'il aurait pu raconter au café. Des histoires cruelles comme sa réalité dont les personnages ont des prénoms poétiques et humoristiques. Répondant à B. PIVOT, il improvise des surnoms pour les invités, parle de l'utilisation qu'il fait de ses rêves dans sa production. Dessins de TOPOR- Gérard CALVI trouve qu'il y a une similitude frappante entre la TOPOR et son ami poète et humoriste André FRÉDÉRIQUE qu'il évoque. Pharmacien fantasque, ayant eu l'exclusivité de la vente des médicaments pour l'Arabie, puis journaliste à Paris Match, il était "insaisissable". Banc titre d'une photographie de FRED tenant le banc titre d'un dessin.Il présente un roman autobiographique inédit de FRED "La grande fugue" : un homme qui se prépare à épouser une femme laide après avoir fréquenté les maisons closes. Dérisionet poésie dans ses recueils "Poésie sournoise" et "Histoires blanches" d'où Gérard CALVI extrait "La promenade" qu'il lit.- Philippe ALEXANDRE publie une satire du pouvoir à l'Elysée : "Vie secrète de Monsieur le" raconte l'histoire d'un président de la république. Le journaliste se qualifie d'impertinent et risque d' être envoyé aux Etats Unis : l' irrévérence à l'égard du pouvoir est peu cultivée en France depuis le 19ème siècle où les écrivains et journalistes nantis de titres sont frileux). Il observe les hommes politiques qu'il trouve différents des autres,moins humains, entourés de leur cour et enfermés dans leur solitude. Portrait d'un être tyrannique, fasciné par la gloire des courreurs cyclistes, qui fréquente régulièrement la télévision où il brille auprès de son peuple, un peu poète et musicien, s'entourant d'oiseaux pour se réconforter et constamment branché sur les sondages. L' analyse d'une situation où le pouvoir est de plus en plus personnel et compliqué avec ses dérives monarchiques.- Irrespectueux des mythes du temps présent, Nicolas BOKOV se paie "La tête de Lénine", écrite à Moscou et publiée anonymement anonymement en Occident en 1975, préfacée par Alexandre ZINOVIEV. Elle a eu un succès clandestin dans les Samizdat. Histoire d'un pickpocket qui veut dérober la tête de LENINE dans son mausolée pour gagner de l'argent. Références à un Institut de mommification à Moscou qui se consacre uniquement à LENINE et à une blague qui courre en Russie sur les sosies de LENINE. BOKOV a écrit un texte sacrilège marqué par l'ironie car, citant Thomas MANN "l'ironie, c'est la haine qui s'amuse". Il interroge les invités et PIVOT à propos sur la question du respect et de l'indifférence .- Dans "Meurtre au Comité central", Manuel VAZQUEZ MONTALBAN fait mener à son héros, catalan gastronome comme lui, ancien de la CIA et du PCE, une enquête policière dans les milieux du PC espagnol . Le Secrétaire du PC, alias Santiago CARRILLO, est tué dès le début parce qu'il symbolise le pouvoir en haut de la pyramide du parti . MONTALBAN évoque la réaction de CARRILLO qu'il a connu comme membre du Parti socialiste unifié catalan et avec qui il est en effet ennemi littéraire et politique seulement. A l'aide du point de vue distancié de son privé Pepe CARVALHO qui lui permet d' offrir un discours réaliste, il livre une réflexion sur les milieux intellectuels de la gauche de l'intérieur et sur le problème du pouvoir au sein du PCE, offrant une chronique de la transition. Prudent, il parle de son irrespect pour tout sauf pour l'armée car "C'est le pouvoir définitif".

Production

Antenne 2


Générique

Leridon, Jean Luc
Pivot, Bernard
Darnal, Jean Claude ; Topor, Roland ; Calvi, Gérard ; Alexandre, Philippe ; Vazquez Montalban, Manuel ; Bokov, Nicolas
Pivot, Bernard

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