"Détruire dit-elle" est le dernier roman de Marguerite DURAS. C'est aussi le premier film qu'elle a entièrement réalisé "pour mieux connaître son texte et pour que l'argent ne pourrisse pas le film".Jean-Claude BERGERET a transporté ses caméras sur les lieux mêmes où tournait Marguerite DURAS, un château et son parc, pour faire en quelque sorte le "film du film". Il s'est attaché particulièrement à saisir sur le vif le dialogue de l'auteur-réalisatrice avec ses comédiens, qui est aussi un dialogue avec les personnages de son imagination.- A travers les indications qu'elle donne à Henri GARCIN, Michael LONSDALE, Catherine SELLERS, Nicole HISS et Daniel GELIN, se découvre peu à peu la signification profonde de son oeuvre : oeuvre politique qui s'efforce de dépeindre le stade révolutionnaire de la vie intérieure, la mort de "l'être de classe" dans la "destruction du moi, du tien et du mien".- Si ces personnages déclarent être des juifs allemands, c'est pour signifier qu'ils sont étrangers à la société, à tout son passé dont il faut faire table rase. "Je suis pour qu'on recommence tout" dit Marguerite DURAS.- De nombreuses séquences du film viennent en contrepoint des dialogues, des déclarations et des scènes de tournages, et contribuent à faire de cette émission un nouveau film qui a sa nécessité propre.