Débat consacré aux problèmes des banlieues, présenté par Laure ADLER.- Extrait du film "Hexagone" de MALIK CHIBANE, qui intervient sur le plateau et met en mots le malaise des immigrés de banlieue : il constate avec amertume que les cités vont de plus en plus mal car les gens ont de moins en moins d'argent; il a voulu dans son film (un film "d'urgence") faire une série de portraits. Il interviendra souvent au cours de l'émission, notamment pour affirmer que les jeunes immigrés doivent participer à la vie politique et sociale. Lui-même a créé une association, il parle de la citoyenneté et des problèmes de pauvreté.- Jean-François RICHET a réalisé "Etat des lieux", film qui parle de la banlieueIl rappelle que la lutte des classes existe plus que jamais et que la France a de plus en plus de richesses (donne des chiffres) et de plus en plus de miséreux; il n'est pas pour la participation à la vie politique.- Gilles FAVIER travaille sur les communautés étrangères en France et fait des photos sur ce sujet (DP ses photos N/B). Alors qu'il critique les médias, il est pris à partie très âprement par un jeune immigré du public.- Extrait du film "Etat des lieux" de Jean-François Richet. L'un des acteurs de ce film, PATRICK DELL'ISOLA, parle du film, du sujet et des personnages, puis des gens des cités, et affirme que la révolte non organisée est un luxe.- Hakim SARAHOUI est comédien et dit que l'on doit faire des films sur la réalité des banlieues, et que le regard extérieur (aux banlieues) est aussi important que le regard intérieur. Il est militant associatif (association "Déclic"). Durant son intervention, lui aussi est sans arrêt interrompu par le même détracteur que tout à l'heure. Il arrive tout de même à dire que les jeunes immigrés doivent se présenter aux élections municipales. Plus avant dans l'émission, il interviendra pour inciter les jeunes à se calmer afin de donner une bonne image des jeunes immigrés.- Jean-Luc PORCEDO, de l'association "Banlieuescopie", fait remarquer que la banlieue est plurielle et qu'il faut tout montrer, le meilleur et le pire; interrompu par le bruit, il interviendra plus tard dans l'émission pour s'élever contre les propos d'un jeune immigré qui appelle à la guerilla urbaine ("Toutes les révolutions passent par les munitions" (sic)). Il (JL PORCEDO) se révolte contre une façon de penser qui dit-il se développe de plus en plus dans les banlieues, à savoir : dans le futur, il n'y aura rien d'autre que des morts. Il craint que l'image désastreuse donnée par ces jeunes au cours du débat n'incite les spectateurs à être contre les banlieues.- Roland CASTRO a créé "Banlieues 89" et demande le droit de vote pour les étrangers aux élections locales; il a des difficultés à parler des actions qui se font dans les quartiers et finit par se taire (tjrs à cause du bruit).- Un jeune du public affirme que le rap est de la récupération et dit judicieusement que les gens qui gèrent les banlieues n'y habitent pas, que maintenant, les banlieues ont une âme et ne sont plus comme à l'origine uniquement des villes-dortoirs. Il insiste sur le droit de citoyenneté.- Un jeune comédien (a travaillé sur le film "La Haine") essaie de s'exprimer lui aussi sur le cinéma et la banlieue; excédé, il tente de raisonner les participants ("Il faut que les gens voient qu'on est civilisés, qu'on écoute les autres"), ce à quoi il lui est répondu par un autre (membre du groupe rap Expression Direkt) : "J'appelle les jeunes à ne pas se dire on doit être civilisés, je n'ai rien à prouver à personne"). Pour calmer l'atmosphère, Laure Adler fait chanter ce dernier ("Dealer pour survivre").- Suivent des interventions intempestives et inaudibles entre jeunes qui ne sont pas d'accord (civilisation-respect des autres ou violence).