Jean-Luc Godard, ancien critique aux Cahiers du cinéma, né en 1930, sort en 1965 son deuxième film de l'année et son dixième long métrage en sept ans. Pierrot le fou a été tourné avec Anna Karina, compagne du cinéaste, avec laquelle il a déjà fait cinq films dont Bande à part et Alphaville en 1964 et 1965. L'autre vedette est Jean-Paul Belmondo, que Godard a fait connaître dans A bout de souffle en 1959 et réemployé, avec Karina, dans Une femme est une femme en 1961.
Pierrot le fou demeure l'un des films les plus éblouissants de la Nouvelle Vague. Intrigue prétexte, raccords intuitifs, citations provocantes, bande son déroutante : l'ensemble, formidablement photographié - en couleurs - par le chef opérateur Raoul Coutard, peut être vu comme un art poétique godardien. La réception agitée du film ne l'empêchera pas, au fil des ans, d'accéder au statut d'oeuvre culte.
Godard poursuivra sa carrière en se tournant bientôt vers un cinéma didactique, politique et anti-commercial avant de s'intéresser de près, à la fin des années 70, à la vidéo et à la télévision.