Jacques Tati   03/11/2008

en cours > [Jacques Tati interviewé à Clermont Ferrand pendant le festival du court métrage]

Un hommage à la Cinémathèque

Derniers jours de l'exposition consacrée à Jacques Tati à la Cinémathèque française ! Réalisateur français, Tati a su charmer le monde entier avec son personnage, Mr Hulot, un homme burlesque et rêveur. Mais surtout, le cinéaste a enseigné aux spectateurs sa manière d'observer le monde…

Un cinéma d'orfèvre

Il était l'un des cinéastes français les plus appréciés outre-Atlantique : Jacques Tati avait créé un cinéma burlesque, construisant lui-même les décors, apportant un soin méticuleux à la bande-son : du cinéma d'orfèvre ! Depuis tout jeune, Jacques Tati passe son temps à observer le monde qui l'entoure. Très vite, il choisit alors la profession de mime, malgré la désapprobation de son père. Il fait ses débuts en se produisant sur des scènes de music-hall et en créant des numéros d'imitation. Devant le succès de ses numéros, Jacques Tati gagne en confiance et se lance dans la réalisation de courts-métrages. Le premier, « L'Ecole des facteurs », sort en 1946. Il sera suivi par cinq autres et, quatre ans plus tard, par un premier long métrage : « Jour de fête ».

La naissance de Mr Hulot

Montrer un village campagnard de la France d'après-guerre dans toute sa joie de vivre : l'optimisme de ce film séduit ! Son succès permet à Jacques Tati d'enchaîner sur un autre projet : « Les Vacances de Mr Hulot », où apparaît pour la première fois son fameux personnage. Mondialement connu, Mr Hulot deviendra en quelque sorte l'image de marque du cinéma de Tati. La manière dont il trouble les vacances paisibles et ennuyeuses d'autres estivants est irrésistible, mais il reste un personnage comique en retrait. Il donne simplement le ton de l'histoire, incitant à regarder les autres et le monde. « Les Vacances de Mr Hulot » est donc un triomphe international, permettant ainsi au cinéaste de monter sa propre société de production : Specta films. Jacques Tati réalise ainsi, dans de confortables conditions, « Mon Oncle », en 1958. Le film est tourné en deux versions : française et anglaise. Il obtient le prix spécial du jury à Cannes et l'Oscar du meilleur film étranger.

Un nouveau spectacle cinématographique

Il s'agit alors du deuxième volet de la trilogie que forment « Les Vacances », « Mon Oncle » et « Play Time ». Ce dernier sort en 1967. Très attendu, il a une réputation de film gigantesque : Jacques Tati a reconstruit toute une ville sur un terrain vague. Certes, il récoltera l'admiration des cinéphiles, mais une telle ambition coûte cher et le réalisateur devra faire face aux conséquences financières de ce film qui sera un échec. Il ne peut monter son dernier long métrage « Parade » qu'avec l'aide de la télévision suédoise, en 1973. Il parvient cependant à créer une nouvelle forme de spectacle cinématographique, avec une succession de numéros musicaux et comiques où est mis en scène un véritable public.

Un spectateur sollicité !

Les spectateurs retrouvent ainsi l'univers de Tati : donner un sens comique mais humaniste à l'agitation du monde. Effacement des personnages mais sollicitation du spectateur : le cinéaste veut un public intelligent qui sache observer. Un peu à sa manière, lorsqu'il a débuté. Même plus de 25 ans après son décès survenu le 4 novembre 1982, la singularité et la sensibilité de son cinéma sont toujours intactes.

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