Michel Serrault   31/07/2007

en cours > La cage aux folles

Comédien... ou prêtre

Trafiquer le poste de radio de sa grand-mère pour lui divulguer de fausses informations… Prier les passagers du métro de descendre immédiatement du wagon, puis les regarder s'exécuter… Michel Serrault est un enfant espiègle qui aime « s'amuser et amuser les autres », comme il l'édictera toute sa vie.
Né le 24 janvier 1928 à Brunoy, en Ile-de-France, le jeune garçon hésitera longtemps entre la comédie et la prêtrise. La troublante rencontre d'une jeune fille dans le métro le pousse à quitter le séminaire, définitivement. Il entre alors au centre de spectacle de la rue Blanche

1 500 représentations

En préparant le Conservatoire – qu'il ne réussira jamais à intégrer – Serrault rencontre un certain Jean Poiret. Les deux apprentis comédiens se mettent rapidement à travailler ensemble et finissent par écumer tous les petits cabarets de la capitale. Chaque soir, ils interprètent des sketches de leur création, pour lesquels Michel Serrault invente des personnages de plus en plus burlesques et loufoques. En parallèle, l'acteur multiplie les petits rôles comiques, sans vraiment accéder à la notoriété.
La collaboration entre Serrault et Poiret abouti en 1973 à la célèbre « Cage aux folles ». Le 1er janvier, le public du théâtre du Palais Royal à Paris découvre la première de la pièce signée Jean Poiret. Pendant plus de cinq ans (soit plus de 1 500 représentations) Michel Serrault incarne Zaza Napoli, une vedette d'un spectacle de travesti aux accès de colère et de plaintes hilarants.

Blier, Mocky, Miller, Chabrol...

La renommée de Zaza est telle que la pièce est adaptée en 1978 par le réalisateur Edouard Molinaro. Le tournage ayant lieu dans les studios de la Cinecittà, c'est l'italien Ugo Tognazzi, au lieu de Jean Poiret, qui est choisi pour donner la réplique à Serrault. Grâce à cette prestation cinématographique, Michel Serrault obtient son premier César en 1979.
Fort de ce succès, Michel Serrault se voit désormais offrir des rôles plus importants, dans des comédies comme dans des films plus sombres. Bernard Blier, Jean-Pierre Mocky, Claude Miller, Claude Chabrol… Les plus grands réalisateurs le demandent.
En 1981, Serrault décroche un César pour son interprétation de notable accusé de viol et de meurtre dans « Garde à vue » de Claude Miller ; puis en 1995 il se retrouve à nouveau primé pour « Nelly et Monsieur Arnaud » de Claude Sautet.

... mais aussi Kassovitz ou Christian Caron

Plébiscité par la nouvelle génération de réalisateurs, il tourne sous la direction de Mathieu Kassovitz dans « Assassin(s) » en 1997, ou Christian Caron dans « Une hirondelle a fait le printemps » en 2001… Michel Serrault aura tourné jusqu'à la fin de sa vie, et l'un de ses derniers films « Antonio Vivaldi, un prince à Venise » de Jean-Louis Guillermou sortira d'ailleurs quelques semaines après son décès, survenu le 29 juillet 2007, alors qu'il était âgé de 79 ans.

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