Le Centre Dramatique de l?Est, constitue le premier des 27 centres dramatiques nationaux, ces établissements de création et de diffusion théâtrales mis en place à l'initiative de l'Etat à partir de 1947. La décentralisation théâtrale prend son essor au lendemain de la Libération sous l'impulsion de Jeanne Laurent, sous-directrice des spectacles et de la musique à la Direction générale des Arts et Lettres.
L?implantation du premier de ces centres en Alsace s?intègre dans le contexte particulier de l?après-guerre. De fait, pendant l?Occupation, les Allemands avaient mis en place à Strasbourg une vie culturelle importante, capable dans leur esprit de rivaliser avec celle de Berlin ou Vienne. Une fois la paix revenue, l?Etat et les représentants locaux éprouvent la nécessité de valoriser la culture et la langue françaises qu?un programme de germanisation systématique avait entrepris d?effacer. Ainsi, en 1947, le Centre Dramatique de l?Est voit le jour. Confié à Roland Pietri, le CDE a pour mission de « procurer aux théâtres des villes adhérentes, et en général aux villes de la région de l'Est, des représentations de qualité élevée, notamment par la création d'une troupe stable ». Chargé en outre de la formation éventuelle de comédiens, il devient le seul établissement de la décentralisation à animer une école reconnue par l?Etat.
Installé initialement à Colmar, le Centre Dramatique de l?Est s'implante en 1954 à Strasbourg où il est le premier Centre Dramatique National à disposer d'un équipement propre, le Théâtre de la Comédie, achevé en 1957.
En 1968, Hubert Guignoux, son directeur, demande à André Malraux sa transformation en Théâtre National de Strasbourg.
Symbole de la décentralisation culturelle souhaitée dans l?immédiat après guerre, le Centre Dramatique de l?Est occupe une place singulière dans le paysage théâtral français.