Dans ce second volet Gabriel MARCEL, après une improvisation au piano, qui est pour lui comme une prière, développe sa propre philosophie. Il explique ce quil a voulu dire par "la dimension ontologique de la pensée", donne la définition de l'ontologie, de la transcendance, parle de l'irrationalisme, de Dieu comme "le toi absolu", de son "allergie" à l'Ancien Testament, de sa difficulté d'envisager la mort, celle de l'être aimé ou de la sienne. En ce qui concerne la mort de l'être aimé, il prend comme exemple une scène de sa pièce "L'insondable". Gabriel MARCEL montre la place dans sa pensée de l'idée de "fidélité créatrice", parle du courage et de la justice, deux vertus qui ont pris une place grandissante. Sur ce dernier point, il cite l'exemple de l'épuration, sujet très sensible dans sa pièce "L'émissaire". Il évoque le rapport entre le courage et la vérité et montre combien son théâtre est une sorte de protestation, de prospection, en citant la scène finale de "L'iconoclaste". Ses pièces ont été peu jouées et c'est sa grande déception. Il s'exprime plus longuement sur l'aspect comique de son théâtre ("La dimension Florestan"), une manière pour lui de réagir contre ce qu'il y a d'oppressant dans le moralisme. Il montre l'influence de Heidegger. Gabriel MARCEL évoque son expérience de professeur de philosophie, son rôle comme directeur de la collection "Feux croisés" qui a publié Huxley, Rosamond Lehmann. Il raconte ses rapports avec l'Académie Française. Par contre, il reconnait avoir eu beaucoup d'honneurs et de prix mais sans jamais les avoir sollicités. Il évoque ses amis Henri Franck, Charles du Bos, essentiel dans sa vie, Robert Garrick, Jacques Rivière auprès de qui il a eu contact avec la NRF, Gustave Thibon et l'historien Daniel Halévy.Gabriel MARCEL aborde la politique, évoquant sa sympathie pour la monarchie, sa rencontre avec le Comte de Paris, son attitude vis à vis du marxisme et du communisme, ses conversations avec Roger Garaudy. Il donne son avis sur l'avenir de la bourgeoisie française, le mouvement de Mai 68, qu'il considère en grande partie comme infantile et l'avenir de notre civilisation qui, selon lui, va vers un cataclysme.En conclusion, Gabriel MARCEL pense avoir rempli sa vocation, il a passé sa vie à explorer, à chercher mais se considère comme un pauvre chrétien.