L'une des préoccupations majeures de l'aménagement du territoire au début des années soixante consistait à freiner le développement urbain de Paris. En 1965, les autorités craignent que Paris n'atteigne les 16 millions d'habitants en l'an 2000. Elles se fixent pour objectif de ne pas dépasser le plafond de 14 millions d'habitants et d'orienter la croissance urbaine sur 8 villes nouvelles, copiées sur le modèle des «news towns» britanniques, recevant 500 000 personnes en moyenne.
En 1969, la chute du taux de natalité fait réviser cet objectif à la baisse. L'objectif maximal est établi à 12 millions d'habitants et les villes nouvelles à créer sont réduites à cinq : Evry, Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée et Melun-Sénart. Ces «villes nouvelles» devaient être le contraire des banlieues dortoirs qui s'étaient développées à la périphérie de Paris. Rassemblant une grande variété d'emplois (notamment tertiaire), bien équipées (théâtres, établissements scolaires et universitaires, musées...), ces villes devaient constituer des pôles d'emplois et de vie urbaine assurant la desserte d'une partie de la couronne extérieure de l'agglomération dans laquelle elles étaient situées, contribuant ainsi à dépolariser l'excessive centralisation régionale autour de Paris. Le bilan de ces «villes nouvelles» reste relativement mitigé. Attractives en terme de logement et d'emplois, offrant un cadre de vie plus agréable que les banlieues traditionnelles (espaces verts, infrastructures de loisirs...), les villes nouvelles de la région parisienne ne sont toutefois pas parvenues à ralentir les navettes des Franciliens et à faire un véritable contrepoids à l'hypertrophie de Paris.